Un oscar orne sa cheminée, elle joue avec les plus grands réalisateurs et Javier Bardem dort dans son lit: oui, la vie est bonne pour Penélope Cruz. Portrait d’une actrice qui a tout pour elle.
De l'énergie à revendre Fille d'un garagiste et d'une coiffeuse, Penélope - Pe pour les intimes - n'a pas reçu à la naissance des gènes de star. Sa grâce a éclos dans des cours de ballet, auxquels ses parents l'ont inscrite, enfant, afin qu'elle canalise son énergie débordante. Énergie qui ne s'est pas dissipée depuis, puisque la belle a récemment avoué qu'elle devait apprendre à profiter de ses vacances au lieu de se cacher dans une salle de bains avec son BlackBerry et de travailler! Elle restera neuf ans au Conservatoire national espagnol. «Une école de la vie où l'on apprend à sourire avec les pieds en sang», confiait-elle l'été dernier au magazine Psychologies.
Ses débuts
À l'adolescence, elle court les castings, tâte du mannequinat, façonne son rêve - devenir actrice - en feuilletant les revues du salon de coiffure où travaille sa mère. Parallèlement, des cours de théâtre permettent à cette extravertie de structurer son talent brut et d'élargir son horizon. Car même si elle n'a pas fait de longues études, Penélope Cruz est une machine à apprendre, perfectionniste et polyglotte (elle parle quatre langues, dont le français).
Un constant apprentissage
Pour interpréter la maîtresse d'un cinéaste en crise existentielle (Daniel Day-Lewis) dans Nine, une comédie musicale de Rob Marshall inspirée du film 8 1/2, de Federico Fellini, il a fallu qu'elle chante, qu'elle danse, qu'elle joue. Épreuve. Défi. Go! «Deux mois avant le tournage, on m'a montré le numéro que je devais effectuer, et ça m'a terrifiée. Chanter et danser en même temps exige une coordination que je ne pensais pas avoir», dit-elle. Mais comme elle a fait le serment de ne jamais céder à la peur, elle évalue, depuis, toutes les propositions à la lumière de leur potentiel instructif. «Le métier d'actrice est tellement abstrait qu'on ne peut jamais s'arrêter et se dire: "Ça y est, j'ai tout fait, je n'ai plus rien à apprendre."»
De toute façon, le réalisateur Pedro Almodóvar ne le lui permettrait pas. Il est à la fois son Pygmalion et son lanceur de couteaux. Pour lui, elle a joué dans En chair et en os, Tout sur ma mère, Volver et maintenant Étreintes brisées. «Il me donne la possibilité de changer de registre et d'interpréter des personnages différents de moi. Tout ce que je demande à un cinéaste, c'est qu'il voie en moi quelque chose que je ne saurais voir moi-même.»
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