Aussi à l’aise en pleine nature que sur un plateau de tournage, Isabel Richer distille une force tranquille. Cet hiver, elle revient au petit écran par la grande porte en tenant un rôle à sa mesure dans la télésérie Trauma, de Fabienne Larouche.

«Une bienveillante fermeté»
«Isabel dégage une bienveillante fermeté», juge l'auteure Fabienne Larouche. Exactement ce qu'elle recherchait pour son personnage de Julie Lemieux, la chef du département de traumatologie qui sera le pivot de la série Trauma, en ondes en janvier à Radio-Canada.
Rien ne destinait pourtant l'intéressée à jouer ce rôle! «Le sang, les aiguilles, ça me terrorise! dit-elle en riant. Sauf que la série est tellement prenante sur le plan humain que j'ai oublié mes phobies. Le quotidien des équipes de médecine d'urgence, c'est la vie et la mort. Comment font-elles?» Elle évoque les décisions éthiques, l'obligation de ne pas se substituer à Dieu. «Dans un épisode, mon personnage a une discussion marquante avec un résident qui refuse de soigner un pédophile agonisant. C'est troublant. Jamais un rôle ne m'a projetée aussi loin de ma réalité.»
Et quelle est cette réalité? Elle me regarde en prenant une gorgée de son café au lait et sourit. «Beaucoup de choses. Souvent des petites choses.» Isabel Richer sait apprécier quand il fait beau dehors, et se trouve comblée par l'achat de trois CD. «Si j'ai de la peine, je rebondis vite. En somme, je pense avoir du talent pour le bonheur.»
Pas si zen
Bonheur qui, on le devine, a dû être ébranlé en 2006 lors de sa séparation d'avec son chum, le comédien et réalisateur Luc Picard. Ils sont à nouveau ensemble. De cette parenthèse, elle ne dira qu'une chose: «Je n'aime pas parler de mon couple.» J'observe quand même qu'au-delà de sa féminité elle dégage une énergie sans chichi, quasi masculine, alors que lui, tout viril qu'il soit, projette à l'inverse une douceur presque féminine. Elle ne commentera pas non plus. Bien sûr. Elle admettra seulement plus tard, en esquissant un sourire, que parfois, oui, il la trouve «contrôlante».
Une «contrôlante» pas toujours en contrôle. «Je change d'humeur sans préavis. Ça n'est pas forcément reposant pour mon entourage!» L'impatience serait son pire défaut. «J'ai l'air calme comme ça, mais je ne suis pas zen pour deux cennes!» Elle n'est pas non plus le monument d'assurance qu'on imaginerait... «Prendre la parole à un mariage ou présenter un prix dans un gala, c'est l'horreur pour moi. J'ai d'ailleurs souvent menti en invoquant une fausse urgence à la maison pour me défiler à la dernière minute!» (rires) Et ne lui demandez surtout pas d'aller danser ou chanter dans une émission de variétés. «Je suis mal à l'aise dans ce genre de numéros. Ça entre dans ma catégorie "stress inutile". Et puis, j'ai assez de "Kodak" braqués sur moi dans mon travail, ça me suffit.»
Seule entorse au programme: aller papoter et popoter avec son amie Josée à l'émission À la di Stasio. Parce qu'il est alors question de sa passion insatiable. «Même enceinte, quand j'avais des maux de cœur, c'était plus fort que moi: je persistais à dévorer des revues de cuisine, mes revues cochonnes, comme Luc les appelle. Il disait: "Mais arrête, tu es folle!" Il était dé-cou-ra-gé!» raconte-t-elle. Elle poursuit sur sa lancée: «J'ai su un jour qu'il s'était plaint à un ami que je lui préparais des confits de canard en milieu de semaine... alors qu'il aurait parfois le goût d'un simple pâté chinois. Heille! J'ai dit: "OK mon cher, j'arrête tout; dans un mois, tu vas me supplier de me remettre aux fourneaux!"» s'exclame-t-elle, feignant l'indignation.
L'origine de cette obsession gourmande, elle l'ignore. «Ma mère [Diane Tassé, qui a été recherchiste, entre autres pour l'émission-culte Appelez-moi Lise] a été pendant un temps critique gastronomique, et elle m'emmenait avec elle dans les restos. Mais pour le reste, va savoir... Je me rappelle juste que quand j'étais petite, c'était décidé: plus tard, je serais comédienne ou restauratrice.» Elle est devenue comédienne, même si ce n'était pas gagné d'avance...
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PHOTO: SRC (Isabel Richer dans son personnage de Julie Lemieux dans Trauma)




