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Au tour de Lucie Laurier

Elle a tout vécu trop jeune: le cinéma, la célébrité, la maternité, l'exil à Hollywood. Aujourd'hui, Lucie Laurier a quitté la zone de turbulences et cumule les rôles au petit et au grand écrans. Entretien avec une actrice sur le point d'exploser.

Par
Steve Proulx
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Au tour de Lucie Laurier

Radieuse en cet après-midi éclatant, Lucie Laurier s'excuse mille fois d'être arrivée 15 minutes en retard au rendez-vous qu'elle m'a fixé dans un resto, rue Laurier. J'accepte ses excuses, en lui faisant promettre de ne plus recommencer...
On plaisante.

Enfant rebelle en manque d'amour dans le film Anne Trister (1986), de Léa Pool, écorchée par la vie dans Love-moi (1991), suicidaire dans C'était le 12 du 12 et Chili avait les blues (1994), Lucie Laurier a collectionné, dès l'âge de neuf ans, les rôles de gamine tourmentée. Après s'être exilée à Hollywood en 1997, c'est plus forte, plus mature, qu'elle est revenue au Québec en 2001. Exit Lucie-la-troublée. Place à Lucie-la-sereine.

En 2003, elle a été la perle de Sainte-Marie-la-Mauderne dans La grande séduction, un des plus grands succès du cinéma québécois. «Je me sentais un peu mal d'assister à la première, car j'avais juste un tout petit rôle dans ce film», confie celle qui, dans son jean, son pull bleu-vert et ses baskets Nike, n'a rien de la diva qu'on imagine. Délicieuse simplicité.

On l'a vu cet hiver incarner Corinne Côté-Lévesque, la seconde épouse de René Lévesque, ancien premier ministre du Québec, dans la télésérie René, consacrée aux débuts du politicien (à la SRC, dès janvier). Brin de causette avec une jeune femme qui, à 30 ans, a encore tout à prouver...

LA FUREUR DE VIVRE
Comme sa soeur Charlotte, Lucie Laurier a grandi sous les projecteurs. Au cours des quelque 20 dernières années, on l'a croisée dans une quinzaine de films et presque autant de téléromans. Si bien qu'elle traîne aujourd'hui un curriculum vitae long comme ça et qu'elle n'a pas une ride pour témoigner de ce vécu. «Avais-tu peur de mourir à 30 ans, Lucie?»

«J'ai l'impression de ne pas avoir fait le quart de ce que j'aurais aimé faire dans la vie, lance-t-elle avec un clin d'œil canaille qui ferait fondre n'importe quel journaliste. Il faut même que je me réveille, que j'en fasse plus. Habituellement, les gens commencent à bouger à 30 ans!»

De son enfance vécue à 100 milles à l'heure, elle ne conserve qu'un regret: celui d'avoir dû abandonner l'école en troisième secondaire, trop prise qu'elle était par ses obligations professionnelles. «Ne pas avoir étudié plus longtemps est un grand drame pour moi, dit-elle. J'aurais dû aller en histoire de l'art ou en littérature. À cause de ce complexe, je lis sans cesse: des biographies – Riopelle, Martin Luther King... -– et des romans, comme L'amour monstre, de Louis Pauwels. Dans la fiction, on dirait qu'on peut davantage étudier l'âme humaine.»

Photo: Leda & St.Jacques

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