Stéphane Dompierre, l’auteur d’Un petit pas pour l’homme, se prononce sur l’obsession des filles pour la minceur.
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J'ai beaucoup de femmes pour amies et, en cela, je me sens privilégié. (En échange, je sais garder un secret et je change le nom de celles dont je dévoile tout dans mes romans.) Mais il y a un sujet de conversation qui m'énerve avec les femmes, c'est le poids et l'obsession de la minceur. «Je suis grosse», me disent des amies qui pèsent 120 livres, ou encore «Il faut que je file au gym, j'ai mangé un hamburger hier soir!»
Quand vient le temps de les rassurer, soit elles sont atteintes de surdité temporaire, soit l'information ne se rend pas au cerveau. Et tenter la psychologie inversée en m'autodénigrant ne fonctionne pas plus. «Une bedaine? Ben voyons, t'as pas de bedaine», qu'elles me répondent. Aveugles, en plus. Je fais partie du 48 % d'hommes qui considèrent comme «excessif, inutile ou énervant» que les femmes surveillent en permanence leur poids.
Voir des femmes minces et belles qui se trouvent moches et pour qui se nourrir est une suite de privations et de culpabilité, c'est plutôt triste. J'ai eu beau essayer, il n'y a aucun moyen de les convaincre du contraire. Avoir une piètre image de soi ne peut venir que de soi, des critères trop élevés qu'on s'est fixés.
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