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Un chien, ce n'est pas un iPad!

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Elle Québec
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Un chien, ce n'est pas un iPad!

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[caption id="attachment_9184" align="aligncenter" width="475"] chien-cadeau-noel-spca Ma Dina, abandonnée trois fois avant que je l'adopte il y a cinq ans[/caption] Durant les cinq années où j’ai travaillé comme bénévole à la SPCA, j’angoissais à chaque période des Fêtes. Les restes de dinde n’avaient pas eu le temps de terminer leurs jours dans la poubelle que des gens surgissaient dans nos locaux pour retourner leurs cadeaux de Noël. De mignons chatons, de chouettes petits chiots, achetés sur un coup de tête dans une animalerie et offerts aux enfants ou à grand-maman dans le but de leur tenir compagnie. En janvier et février arrivait alors ce qui était écrit dans le ciel: Salem et Mollie s’avéraient plus de trouble qu’on pensait pour la famille et grand-mamie. Et comme ils étaient trop gros pour être jetés à la toilette comme un poisson rouge, ils se retrouvaient au refuge. On ne le dira jamais assez: un chien n’est pas un iPad et il ne fait pas un chouette cadeau de Noël. Même s’il a l’air a-do-ra-ble. Il faut lui apprendre à être propre, le nourrir, le faire marcher tous les jours, jouer avec lui et l’amener de temps en temps chez le vétérinaire (et c’est pas donné). Un chien est d’autant moins un iPod que s’il se retrouve «par erreur» dans un refuge, il capote, quand bien même il y aurait là-bas des gens dévoués pour prendre soin de lui. Un chien, ça souffre comme un bébé qu’on abandonne. Je peux vous l’assurer. J’en ai vu des centaines lorsque j’étais bénévole. Par exemple ma Dina, que vous voyez sur cette photo, a été abandonnée trois fois avant l’âge de sept mois. Ce n’est pas une blague. La première fois, parce que son propriétaire trouvait que c’était trop compliqué d’avoir un chien (allô, fallait y penser avant!). La deuxième fois, parce que Dina demeurait à Toronto et que là-bas, les pitbulls sont interdits. Dina s’est donc retrouvée à la SPCA de Montréal, sauvée in extremis. Et la troisième fois, eh bien, la dame qui l’avait prise trouvait après un temps qu’elle ne correspondait «pas exactement» au chien dont elle rêvait. Tu parles! Quand Dina est arrivée chez moi, en 2008, elle grognait après tous les humains qui osaient la regarder. Un chien «scrapé», disait-on d’elle au refuge, comme on dit d’un enfant qui s’est trop promené de foyer d’accueil en foyer d’accueil. Aujourd’hui, après beaucoup de patience et d’amour, Dina est devenue le meilleur toutou du monde. J’insiste: elle est fine, fine, fine. Elle est enjouée, heureuse, affectueuse, bien élevée, ne grogne presque plus – sauf après les chats et les écureuils -- et elle arrive même à faire tourner des croquettes sur son nez. Son passé est maintenant derrière elle. Mais si vous saviez à quel point, en cette période des Fêtes, je songe à mes ex-collègues de la SPCA. Et à toutes les Dina qui vont finir dans une cage… Et vous, quel est votre avis sur le sujet?
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