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Mes vrais voeux pour 2014

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Mes vrais voeux pour 2014

[caption id="attachment_9175" align="aligncenter" width="475"] Voyage aux philippines Un cliché pris lors de mon dernier voyage aux Philippines - ©Sandra Abi-Rashed[/caption] Chaque année, au moment de transmettre ses vœux de bonne année, on souhaite tous éviter la platitude du sacrosaint «bonheur et prospérité». Dans mon cas, c’est d’autant plus vrai qu’une partie de ma famille habite aux Philippines. À l’heure où j’écris ces lignes, l’aide internationale commence à se concrétiser dans ce pays dévasté par le typhon Haiyan. Le dernier bilan de l’ONU fait état de plusieurs milliers de morts, de plus de quatre millions de sans-abris et d’un million de maisons détruites. Un véritable cauchemar. Impossible de ne pas être bouleversée face à un tel désastre. L’an dernier, à cette même période, j’ai eu la chance de passer quelques semaines dans ce beau pays. Ma mère m’avait demandé de l’accompagner dans son petit village natal de 800 habitants, Sinapangan Sur, dans la province de La Union, à 170 km au nord de Manille. Heureusement, une zone épargnée par Haiyan. Je suis allée dans ce village une dizaine de fois dans ma vie, et je suis toujours retombée amoureuse de l’endroit et de ses habitants. Un peuple chaleureux et spontané dont la joie de vivre est incontestable. Je garde de précieux souvenirs de mes vacances à Sinapangan Sur. J’ai adoré y fêter mon anniversaire en compagnie de mes nombreux cousins – avec qui j’ai dû conduire plus de 40 km pour acheter mon gâteau –, frapper des casseroles toute une soirée pour célébrer le Nouvel An (une de mes traditions préférées!), et improviser de multiples séances photo sur le dos de buffles, une activité qui s’est souvent terminée en bataille dans la boue. Je me rappelle aussi la matinée émouvante où j’ai repeint les lettres gravées sur la pierre tombale de ma grand-mère, et le jour où j’ai aidé mon filleul à installer son premier ordinateur, qu’on avait fait venir du Canada. Je me suis toujours sentie apaisée et heureuse à Sinapangan Sur. Ses habitants sont devenus, au fil des années, ma deuxième famille. Je l’avoue: je m’en veux de ne pas avoir été capable de regarder les images, les vidéos et les témoignages épouvantables sur mes fils d’actualité et à la télé après le passage du typhon. Ce n’est surtout pas parce que je ne me sentais pas concernée; j’étais tout simplement dépassée par l’ampleur de la situation. J’ai tout de même remarqué – les médias étant omniprésents – que le terme «résilience» était sans cesse utilisé pour décrire les Philippins. Je ne peux pas parler de ce peuple en général; je peux cependant témoigner de la résilience dont la communauté de Sinapangan Sur a fait preuve au cours des deux dernières années. En 2011, le village a été totalement submergé à la suite du typhon Nesat. Après plusieurs jours de pluie diluvienne, une crue a subitement emporté plusieurs maisons et détruit les récoltes. L’année suivante, la sècheresse a ravagé les champs de tabac et les rizières. Et une autre fois, certains murs de l’école ont été balayés par des vents violents. En travaillant tous ensemble, les habitants de Sinapangan Sur ont toujours été capables de s’en sortir, même avec des ressources extrêmement limitées. Ce sont justement leurs efforts collectifs qui leur ont permis de traverser ces épreuves, qui semblaient d’abord insurmontables. Ça, pour moi, c’est de la résilience. On peut reconnaître cette même force à tous ceux et celles qui ont dû surmonter des traumatismes semblables. Chaque année, des millions de personnes sont frappées par des catastrophes: les séismes en Haïti et au Pakistan, le tsunami et l’accident nucléaire au Japon, la tragédie ferroviaire à Lac-Mégantic... Toutes les communautés touchées par ces drames ont fait preuve du plus grand courage. Je reviens donc à ma question initiale. Quels vœux transmettre au Nouvel An? Je souhaite aux victimes de toutes ces tragédies de la solidarité, de la nourriture, de l’eau potable, une maison... des choses qui nous paraissent banales, à nous qui sommes si privilégiés. Et en ce qui nous concerne, je nous souhaite de développer le sens de la communauté, de trouver notre propre façon de vivre ensemble, en harmonie malgré nos différences, et de savourer chaque instant de la vie. Et vous, quels sont vos vœux pour 2014? Découvrez en photos mon dernier voyage à Sinapangan Sur, aux Philippines
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