Société
23 août 2013

L’émotivité au travail

Par ldugas
Elle Québec
Société
23 août 2013

L’émotivité au travail

Par ldugas

ELQ288_140 Je m’en confesse, je suis braillarde. Mes amis vous diraient que je pleure souvent en visionnant des documentaires sur les animaux. Et mes collègues, au magazine, vous raconteraient qu’il m’arrive de verser des larmes en lisant un texte sur la condition des femmes dans certains pays du monde. Il m’est même déjà arrivé de ne pas pouvoir ravaler mes pleurs en plein milieu d’une réunion. J’étais d’ailleurs tellement fatiguée et stressée que je ne me souviens plus de grand-chose de cet épisode, si ce n’est de m’être levée de table, d’avoir prononcé deux ou trois phrases imbéciles et de m’être enfuie aux toilettes pour sangloter comme un bébé. M’en suis-je voulu après? Un peu. Ma crise de larmes ne représente certes pas le moment le plus glorieux de ma carrière, mais elle ne représente pas le pire non plus. Il y a 20 ans, toutefois, les choses auraient été bien différentes. Je me serais fait regarder comme une extraterrestre par ma patronne et mes collègues. Tous auraient dit (ou du moins pensé): «Mais qu’est-ce qu’il lui prend, à celle-là?!» Et ma crédibilité en aurait pris un coup. Heureusement, autre époque, autres mœurs. Je vous invite d’ailleurs à lire l’article de notre journaliste Marie-Claude Elie-Morin «Peut-on pleurer devant ses collègues?», publié dans notre numéro de septembre (en kiosque). «Un changement de valeurs s’opère actuellement dans la sphère professionnelle. On le doit au nombre croissant de femmes qui sont promues à des postes de gestion, mais aussi à l’arrivée de la génération Y sur le marché du travail», écrit-elle. En fait, les valeurs «traditionnellement» féminines ont de plus en plus la cote. Les entreprises recherchent «des voix authentiques, vraies», affirme Sheryl Sandberg, la numéro 2 de Facebook et auteur d’ En avant toutes: les femmes, le travail et le pouvoir. Cette femme d’affaires avoue elle-même avoir déjà pleuré au travail et souligne que ce n’était pas la fin du monde. Mieux que ça: bien canalisées, bien exprimées, les émotions peuvent même être un atout, souligne des chercheurs. Elles peuvent encourager la collaboration et l’innovation en resserrant les liens et en favorisant un vrai dialogue entre les membres d’une équipe. Finalement, je l’avoue maintenant, j’ai pleuré deux fois au cours de mes années au ELLE. L’autre fois, c’était lors d’une réunion à propos de la Journée sans maquillage (qui avait lieu le 24 avril dernier). Nous étions une jolie bande de professionnelles assises autour d’une table: des représentantes de Canal Vie, de Vrak TV, de Rouge-FM, de ELLE QUÉBEC... L’une d’entre nous, une vice-présidente, s’est mise à pleurer, émue de voir à quel point notre initiative, la Journée sans maquillage, avait pris de l’ampleur au fil des ans dans les écoles secondaires. Et j’ai suivi – snif! snif! -- en disant combien j’étais fière que le magazine publie à l’occasion des photos de stars sans fard, sans retouche, afin de permettre aux adolescentes de voir d’autres modèles de beauté. Et vous savez quoi? Tout le monde s’est mis à pleurer comme des veaux… avant de réaliser que nous n’étions même plus gênées de le faire. La preuve que les mentalités sont en train de changer… Et vous, vous est-il déjà arrivé de sangloter au boulot?   Illustration: Agathe BB
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