Société
13 févr. 2015

Fibromyalgie et vinothérapie

Par Chantal Tellier
Elle Québec
Société
13 févr. 2015

Fibromyalgie et vinothérapie

Par Chantal Tellier

[caption id="attachment_17384" align="aligncenter" width="650"] Photo: Getty Images Photo: Getty Images[/caption] Il existe de multiples raisons d’arrêter de boire de l’alcool pour un moment. Pour moi, c’est beaucoup une question de santé et d’énergie. Une de mes collègues ressemble à Louis-José Houde, côté énergie. Depuis qu’elle ne consomme plus d’alcool, son énergie a décuplé et elle ressemble à Louis-José Houde qui aurait pris de la cocaïne. De mon côté, je m’apparente davantage à Josélito Michaud sous codéine... Une des choses que je recherche en disant non à l’alcool, c’est cette énergie. J’ai carrément dû doubler la quantité de café que j’ingurgite pour arriver à suivre ma collègue. (Eh, on ne peut pas tout arrêter en même temps, hein. La caféine, ce sera l’an prochain.) Il faut dire que je souffre de fibromyalgie. En gros, ce que ça signifie, c’est que j’ai mal tout le temps. J’ai des douleurs diffuses dans tout le corps, qui entraînent une immense fatigue et m’empêchent de bien dormir. Un cercle vicieux, quoi. La fibromyalgie a été reconnue par l’Organisation mondiale de la santé en 1992. Elle touche de 2 % à 6 % de la population. Dans plus de 80 % des cas, il s’agit de femmes. C’est une maladie peu connue, mal diagnostiquée, parce ses symptômes sont nombreux et ressemblent à ceux d’autres maladies. Et ses causes sont incertaines. Bref, on se croirait dans Le malade imaginaire, de Molière, mais croyez-moi, même si la fibromyalgie ne cause pas de lésion ni d’inflammation, les douleurs, elles, sont bien réelles. Fibromyalgie et vinothérapie Dealer avec la fibromyalgie, c’est devoir minutieusement planifier ses activités de la journée et de la semaine, tout en sachant qu’on n’a pas de contrôle et que le niveau de douleur ou de fatigue peut tout modifier sans préavis. Dealer avec la fibromyalgie, ça veut aussi dire se ménager des pauses même si la tâche qu’on a entreprise n’est pas terminée (dur, dur, pour moi!). C’est parfois se sentir «normale» un petit moment. Pousser ses limites. Les dépasser. Et espérer qu’un miracle s’est produit et que la fibro s’est tirée. Mais elle revient. Toujours. On n’en guérit pas. Dans ces périodes-là, je me sens incompétente, plate. En plus de souffrir du syndrome de l’imposteur: comme ma douleur est invisible, elle est difficile à faire accepter. Peu de gens peuvent réellement compatir. C’est comme si je me plaignais pour rien. Je me sens donc coupable aux yeux des autres (et aux miens), j’ai l’impression de ne pas en faire assez dans ma vie professionnelle, personnelle et sociale. Et c’est là que le vin entre en scène. Il m’aidait à me détendre. Vous savez, cette sensation de bien-être qui vous envahit quand vos épaules se décollent de vos oreilles après le premier verre? Le vin m’aidait aussi à chasser mon anxiété. Au début. Mais comme tout «médicament» dont on ne respecte pas la posologie, les effets de l’alcool ont changé et ce dernier a fini par générer plus d’anxiété, ce qui avait sans doute une incidence sur mes douleurs. C’est ce que je veux vérifier durant cette année sans alcool. Et ça, c’est une grande source de motivation. Qui sait, je pourrais me transformer en lapin Energizer et rivaliser de dynamisme avec ma collègue! Dream big, qu’ils disent. Plus, du même auteur: So, so, so, sobriété! Pour en savoir plus sur la fibromyalgie, vous pouvez consulter le site de la Société québécoise de la fibromyalgie, ou encore vous procurer le livre Fibromyalgie, quand tu nous tiens!, un collectif sous la direction de la psychologue Paule Mongeau. À DÉCOUVRIR: Un an sans alcool, prise 2 C’est mon histoire: «J’ai bu en cachette pendant 25 ans» 7 conseils pour survivre à un mois sans alcool
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