Société
3 mai 2013

Cellulite: quelle cellulite?

Par Kenza Bennis
Elle Québec
Société
3 mai 2013

Cellulite: quelle cellulite?

Par Kenza Bennis
page-400 Avez-vous remarqué? Notre top modèle Justine LeGault, qui pose en couverture du numéro de mai de ELLE QUÉBEC, a de la cellulite sur la cuisse. La cellulite, quasiment toutes les femmes en ont. Sauf qu’on ne la voit pas souvent sur papier glacé. D’ailleurs, depuis la sortie du magazine, les témoignages enthousiastes des lectrices se multiplient: «Enfin un magazine qui ose montrer de la cellulite!», «Enfin une mannequin comme nous!» clament-elles en cœur. C’est vrai que c’est génial qu’un magazine montre enfin la réalité de 90 % des femmes… N’empêche. J’ai un petit pincement de cœur quand je lis tous ces commentaires. Parce qu’ils montrent combien nous sommes, nous autres femmes, complexées par rapport à cette fameuse (et très normale) cellulite. Je dis «nous», mais pour être honnête, je ne me sens pas concernée par la «peau d’orange». Non pas parce que j’en suis dénuée, mais parce que j’ai grandi dans un environnement où on n’en parlait pas. Et non, je n’habitais pas sur la planète Mars (à moins que vous ne considériez le Maroc comme tel). C’est juste que ma mère, ma sœur, mes tantes… personne ne m’a jamais mis en garde contre ce «fléau». Du coup, ce n’est qu’à la trentaine, quand j’ai immigré au Québec, que j’ai vraiment découvert la cellulite et l’importance qu’y accordaient mes amies québécoises. Évidemment, je ne suis pas complètement naïve, il y a d’autres choses qui ont joué en faveur de mon «ignorance». Durant ma jeunesse, j’ai eu la chance d’avoir été beaucoup moins exposée que mes amies occidentales aux images de femmes éternellement jeunes et lisses relayées par les magazines, la publicité, la télé, le cinéma, Hollywood… Les choses ont changé pour les petites Marocaines d’aujourd’hui. Elles aussi (grâce à ce fabuleux progrès et à la société de consommation qui va avec), comme nous, doivent dorénavant composer avec les idéaux de beauté inatteignables de notre époque. N’empêche, je continue de croire que si je n’entretiens pas la «psychose» de la cellulite en élevant ma fille et en jasant avec ma jeune nièce, peut-être que toutes ces femmes en devenir seront moins concernées par leur apparence que mes amies d’aujourd’hui. Pensez-vous vraiment que ce soit de la naïveté?
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