Société
5 sept. 2014

Auriez-vous le courage de cette victime de viol?

Par Violaine Charest-Sigouin
Elle Québec
Société
5 sept. 2014

Auriez-vous le courage de cette victime de viol?

Par Violaine Charest-Sigouin

[caption id="attachment_15759" align="aligncenter" width="650"] Emma Sulkowicz, une étudiante victime de viol Emma Sulkowicz transportera son matelas tant que son violeur ne sera pas expulsé de l'université Columbia[/caption] Le quart des étudiantes qui entrent à l’université ces jours-ci risquent d’être victimes d’une agression sexuelle, soit un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact, commis sans son consentement. C’est ce que nous apprend l’article Non aux viols sur les campus!, publié dans le numéro de septembre de ELLE QUÉBEC. On y révèle également que les institutions universitaires préfèrent, bien souvent, fermer les yeux sur ce problème. C’est aussi ce qu’a constaté Emma Sulkowicz, une étudiante en arts de l’université Columbia, à New York. Le premier soir de la rentrée scolaire, il y a deux ans, elle aurait été violée par l’un de ses camarades de classe dans l’une des résidences de l’université. Sur le coup, elle n’en a parlé à personne, parce qu’elle avait honte et avait peur d’être jugée. En apprenant toutefois que deux autres filles avaient été agressées par le même étudiant, elle a décidé de le dénoncer. L’université a toutefois rejeté sa plainte (ainsi que celles des deux autres victimes), si bien que son agresseur présumé fréquente toujours le même établissement qu’elle. À lire - C'est mon histoire: «J'ai été agressée à l'âge de 15 ans» Au printemps dernier, Emma Sulkowicz avait dénoncé l’inaction des autorités universitaires dans une vidéo publiée sur le site du Time. Depuis, elle a choisi de s’inspirer de cette situation pour sa thèse en arts: tant que son agresseur ne sera pas expulsé de l’université, elle transportera son matelas avec elle, partout où elle ira. Dans une entrevue publiée dans le New York Magazine, jeudi dernier, l’étudiante affirmait qu’il s’agissait avant tout d’une performance artistique: «Je me suis dit que j’avais été violée dans mon propre lit, sur le campus de l’université Columbia, que ce matelas représentait un espace privé où prend place une importante partie de ma vie intime, et que j’avais rendu publique une part de cette intimité. J’ai donc voulu représenter l’action de mettre sous les projecteurs quelque chose d’intime et de privé, comme ce que j’ai vécu. Alors que les victimes de viol préfèrent souvent se taire, par honte ou peur d’être jugées, Emma Sulkowicz a choisi d’exprimer au quotidien ce qu’elle a subi. Que pensez-vous de la démarche de cette étudiante? À DÉCOUVRIR: Polémique: un photographe s'inspire d'un viol pour un shooting photo Les féministes à l'ère des réseaux sociaux: vive le féminisme 2.0! Féministe le jour et soumise la nuit
Partage X
Société

Auriez-vous le courage de cette victime de viol?