Société
16 oct. 2013

Les stars: de pures marchandises

Par Violaine Charest-Sigouin
Elle Québec
Société
16 oct. 2013

Les stars: de pures marchandises

Par Violaine Charest-Sigouin

don-jon-scarlett-johansson-joseph-gordon-levitt Récemment, j’ai fait quelques jalouses parmi mes collègues en interviewant l'acteur Joseph Gordon-Levitt à l’occasion de la sortie de Don Jon, son premier long métrage en tant que réalisateur. À la fin de cette entrevue, il m’a confirmé ce que je soupçonnais: c’est son statut de star qui lui a donné envie de faire ce film. Il faut savoir que l’acteur de 32 ans a grandi sous l’œil de la caméra et que, 20 ans avant (500) Days of Summer, il était déjà la vedette de la série 3rd Rock from the Sun. En 2006, il publiait sur YouTube une vidéo qui en révélait pas mal sur son rapport à la célébrité. Dans ce clip intitulé «Pictures of Assholes», on le voit tenter d’amorcer une conversation avec des paparazzis, qui se contentent de le matraquer de leurs flashs. Bref, certains jours, Joseph se sent comme un objet… Et c’est pourquoi le film Don Jon porte sur cette tendance qu’ont certains à «objectiver» les autres et ce, principalement à cause des médias qu’ils consomment. Déjà en 1957, le sociologue et philosophe français Edgar Morin professait que les célébrités étaient des marchandises comme les autres. Aujourd’hui, il ne fait plus aucun doute que le star-system est une industrie à part entière, qui dépasse largement la simple promotion des films. Les détails croustillants du divorce de Michael Douglas et de Catherine Zeta-Jones font vendre des millions d’exemplaires du magazine People, Jessica Chastain veut nous convaincre d’acheter du parfum et Emma Stone, du mascara, et c’est sans compter les tapis rouges qui, selon cette enquête publiée dans nos pages, seraient une business très lucrative… Reste à savoir pourquoi nous sommes à ce point subjugués par les Scarlett et les Brad de ce monde. Bien sûr, les stars nous vendent du rêve, elles nous font vivre par procuration une vie glamour, faite de champagne et de scandales, qui nous distrait de notre propre existence. Mais je crois que, dans notre imaginaire collectif, elles sont également une incarnation du divin, des êtres à part, bien au-dessus des mortels. C’est ce qui expliquerait pourquoi certaines personnes sont prêtes à faire n’importe quoi pour accéder à cet Olympe (hello, Miley Cyrus). Je dois avouer que les célébrités me fascinent un peu, moi aussi. J’aimerais, comme elles, disposer de mille et une vies et pouvoir me réinventer à chaque personnage. (C’est sans doute la raison pour laquelle j’ai étudié en littérature.) Mais contrairement à quelques-unes de mes collègues qui se pâment devant une photo de Javier Bardem, je n’ai pas la fibre groupie. Prenez notre concours qui offre la chance à trois de nos lectrices de décrocher un rendez-vous avec Claude Legault, Brandon Prust ou Sugar Sammy, nos cover boys de novembre… Certaines filles paieraient cher pour se retrouver en tête-à-tête avec l’une de ses vedettes, tandis que moi, je ne serais même pas tentée de remplir le formulaire de participation. (Désolée, les gars!) Par contre, si on me proposait un rendez-vous avec Joseph Gordon-Levitt, j’accepterais sans hésiter. Je suis certaine qu’on aurait des conversations passionnantes sur l’influence qu’ont les médias sur notre vision du monde ( Une problématique qui me passionne, moi aussi.) et qu’on discuterait pendant des heures de littérature française (Lui aussi l’a étudiée à l’université!). Est-ce que ça fait de moi une groupie? Peut-être. Après tout, je ne suis qu’une simple mortelle…   Photo: Keystone
Partage X
Société

Les stars: de pures marchandises