Amour et sexe

Célibataire? Pas besoin d’être en couple pour se réaliser!

istockphoto.com Auteur : Elle Québec Crédits : istockphoto.com

Amour et sexe

Célibataire? Pas besoin d’être en couple pour se réaliser!

 Il y a les femmes qui, dans l’attente de l’homme idéal, commencent leurs phrases par un lancinant «Quand je serai en couple...» Il y a celles qui ont ce qu’elles ont toujours voulu – le boulot, l’appart, les amis, la vie sociale –, mais qui peinent à prendre leur vie en main. Et il y a les autres, de plus en plus nombreuses, qui foncent, refusant de se résigner à ce qu’un homme leur tende les clés de leur destin. Résultat? Elles s’achètent un condo en solo, démarrent leur entreprise, se lancent dans un projet créatif ou encore changent de pays.

À l’évidence, chaque femme vit le célibat à sa façon – comme un frein ou un moteur. Or, comme l’estime Rose-Marie Charest, psychologue et auteure de l’ouvrage La dynamique amoureuse – entre désirs et peurs, «le célibat peut être une période bénie pour réfléchir à sa dernière relation: ce qui nous a plu et moins plu; ce qu’on a appris sur soi et sur nos rapports avec les hommes. C’est aussi l’occasion de se questionner sur la femme qu’on souhaite devenir, sur notre avenir, nos rêves, nos ambitions... en dehors d’une relation. Le célibat représente une belle phase d’exploration et de réalisation de soi!».

«Se placer en mode attente ou se répéter: “Je réaliserai mon projet quand un homme me le permettra ou qu’il m’aidera à le concrétiser” mène invariablement à la frustration, ajoute la psychologue. Vous savez, pendant longtemps, une femme était attirante aux yeux d’un homme si elle avait besoin de lui. Même si les choses évoluent, certaines femmes, pour séduire, perpétuent de façon inconsciente cet état de dépendance.» Heureusement, les choses changent, surtout du côté des filles plus jeunes. «Plusieurs d’entre elles, influencées par une mère active qui a un conjoint, ont saisi qu’une femme vivante et authentique sera toujours intéressante aux yeux des hommes. Et encore plus à ses propres yeux.» Oui, il y a de l’avenir dans le célibat! À preuve, le parcours singulier de ces trois femmes inspirantes.
ÈVE MARTEL, 38 ans
Rédactrice publicitaire

Carburant à cent idées à l’heure, Ève n’a pas attendu d’être en couple pour s’offrir un chez-soi à son image et pour tutoyer la blogosphère.

L’élan
«J’ai toujours pensé que ma vie, je la vivrais à deux. Mais comme ça n’arrivait pas, je me suis demandé: “Qu’est-ce qui me fait vibrer? Et si je faisais des projets au lieu de piétiner? Qu’est-ce que j’attends au juste pour passer à l’action?” J’ai réalisé qu’à 35 ans j’étais très bien avec moi-même. Alors, j’ai décidé de me lancer et de m’acheter un condo. Du coup, je me suis sentie maître de mon destin.»

Les doutes
«Une fois ma décision prise, j’ai fait des économies, puis j’ai commencé à chercher mon futur logement. Malheureusement, après des dizaines de visites, je n’avais toujours rien trouvé. J’étais découragée. J’ai même pensé que ce serait plus cool de chercher avec un amoureux qu’en solo. Gagnée par le doute, j’ai arrêté toutes mes démarches.»

Le déclic
«Quelques mois plus tard, au cours d’une soirée, un ami m’a parlé d’une ancienne biscuiterie convertie en condos dans Hochelaga-Maisonneuve. Je suis allée voir les plans du projet et deux jours après, je signais le contrat! À 36 ans, je venais de m’offrir un cadeau pour changer de vie.»

Les craintes
«À part les soucis monétaires, rien ne m’effrayait vraiment. Pour me rassurer, je me disais: “Si je n’arrive pas à joindre les deux bouts, je pourrai toujours vendre.”»

Le cocooning
«Dès mon emménagement – et malgré le dégât d’eau qui a suivi! –, j’ai su que j’avais pris la bonne décision. Bricoleuse dans l’âme, je me suis énormément investie dans l’aménagement de mon condo. J’ai retapé des meubles, recyclé des babioles trouvées dans les marchés aux puces, peint des murs, confectionné les rideaux... Depuis, je n’arrête pas!»

La vie 2.0
«Je suis indépendante, mais pas solitaire! Dès mon arrivée dans ce nouvel appartement, j’ai créé un groupe de discussion privé sur Facebook pour tisser des liens avec mes voisins. Très vite, on a partagé nos expériences et on s’est invités les uns chez les autres. Ça a changé nos vies. J’ai aussi lancé mon blogue sur la vie urbaine, ma passion. Ce qui m’a permis de me faire des amis un peu partout dans le monde.»
CAROLINE DUMAS, 40 ans
Chef et propriétaire de Soupesoup

Il y a sept ans, rien ne pouvait empêcher cette femme libre et mère de famille monoparentale de lancer son resto, synonyme de conquête d’elle-même.

Rompre et foncer
«Je sortais d’une relation qui ne menait nulle part et j’avais envie d’entreprendre quelque chose de constructif. Au lieu de me noyer dans ma peine, j’ai décidé de réaliser le projet de resto que j’avais en tête depuis deux ans. La perspective de faire équipe avec une amie qui cherchait du boulot était une bonne motivation. Notre liaison d’affaires n’a cependant duré que deux mois, car elle et moi, on ne s’est pas entendues. J’étais toutefois déterminée à poursuivre seule. Au même moment, j’apprenais que j’étais enceinte – d’un homme qui n’était plus dans ma vie.»

Tout concilier: un défi
«Je ne sais pas comment j’ai fait. J’avais déjà une fille, je venais d’accoucher de mon deuxième enfant et je courais du matin au soir pour faire marcher un nouveau resto. Mais comme je n’avais pas d’épaule sur laquelle pleurer, je suis allée de l’avant.»

Avec ou sans chum?
«D’abord, si j’avais attendu d’être en couple, je n’aurais pas ouvert mon resto. À un moment, je me suis dit: “Je saute ou je saute pas?” Puis j’ai assumé ma décision. Deuzio, je pense que si une femme a absolument besoin d’une stabilité affective avant de se lancer en affaires, c’est qu’elle n’est peut-être pas faite pour ça. Ou alors, c’est qu’elle se donne des excuses pour ne pas passer à l’action.»

Plaidoyer pour l’indépendance
«On a toujours tort d’attendre après quelqu’un pour se réaliser. Évidemment, on peut aller chercher conseil, se faire aider... Mais personne ne peut nous donner la pulsion vitale dont on a besoin pour concrétiser nos projets. À l’évidence, tout part de soi.»

Sept ans plus tard
 «Je viens d’ouvrir mon sixième restaurant. J’ai deux adorables filles, je suis amoureuse, et mes journées sont toujours bien remplies. Mais si je ne vivais pas à fond de train, je m’ennuierais. En fait, j’ai un besoin fou d’être fière de moi.»BÉRANGÈRE FERRAND, 35 ans
Coordonnatrice au doublage de films


Après avoir craqué pour le Québec à l’adolescence, cette Parisienne arrive à Montréal à l’âge de 30 ans, libre comme l’air. Un choix mûri qui rime magnifiquement avec nouvelle vie.

Le coup de dés
«C’était en janvier 2002, et je passais les Fêtes à Montréal. Je patinais avec des amis dans le Vieux-Port. Je me souviens très bien d’avoir été attendrie par un enfant, qui avait l’air très joyeux. À cet instant précis, j’ai entrevu l’existence, heureuse, qui m’attendait ici. J’ai alors lancé à mes amis: “Je n’attendrai pas la retraite pour m’installer au Québec. Je vais le faire maintenant!” C’est à ce moment-là (à -20 °C) que tout s’est joué!»

La voie de la liberté
«Ma décision, je l’avais cependant ruminée pendant 12 ans! Adolescente, j’ai habité à Montréal durant une année; par la suite, j’ai multiplié les allers-retours et rêvé de ne plus en repartir. À la veille de mes 30 ans, je me suis dit: “Je n’ai pas de chum, pas d’enfant, pas de prêt hypothécaire, je suis libre, go! Si ça ne me plaît pas, je reviendrai à Paris ou j’irai vivre ailleurs.” Je n’aurais pas accepté d’être rongée par le regret de ne pas l’avoir fait. Si bien qu’un an après, papiers d’immigration en main, j’ai débarqué à Montréal.»

L’ouverture aux autres

«Même si je connaissais un peu de monde ici, j’ai mis un certain temps à me faire des amis québécois. J’ai alors fait toutes sortes d’activités. Je me suis inscrite à des cours de poterie, de Pilates, à des ateliers de photo; j’ai fait du bénévolat; j’ai organisé des fêtes chez moi... Célibataire ou pas, c’est la clé pour se faire un réseau. Dans la vie, si tu ne vas pas vers les gens, personne ne viendra te chercher!»

Et l’amour?
 «Pour l’instant, c’est... non existant! Mais ça ne m’empêche pas de vivre! J’ai appris à aimer ma solitude. Entre devenir une vieille fille frustrée et être une dépendante affective, j’ai choisi d’être dépendante affective... de mon chat! (rires) Cela dit, chez moi, la maison est toujours ouverte! Je reçois énormément, je fais des potluck (repaspartage), c’est plus rigolo. Je suis active. J’assouvis ma passion pour la photo et je fais mes propres tirages en noir et blanc, que je distribue à ma famille et à mes amis. J’ai aussi envie de voyager en Alaska et au Groenland...»

Un choix de vie

«J’aimais l’existence que je menais à Paris. J’avais un boulot intéressant dans le milieu du cinéma et des tas d’amis. Mais ici, je prends le temps de vivre et de faire de vraies choses pour moi. C’est un choix qui me réussit puisque je m’aime encore mieux qu’avant!»
LIBRE ET HEUREUSE

Comment mieux vivre son célibat? La psychologue Rose-Marie Charest donne des pistes pour trouver sa voie.

Par où commencer quand on a des projets?

On peut d’abord se poser des questions sur sa disposition intérieure. Est-ce qu’on se lance dans un projet pour se réaliser ou pour fuir sa solitude amoureuse? Si on se dit: «Je vais m’organiser pour ne plus avoir besoin de personne!» on risque peu de s’épanouir. Mais si l’envie d’un accomplissement personnel prédomine, c’est prometteur! On peut alors explorer...

L’exploration, est-ce crucial?

Absolument! Explorer, c’est faire des tentatives, c’est se donner le droit de se tromper et d’essayer autre chose. «Qu’est-ce qui me rejoint? Qu’est-ce qui me ressemble?» Ces questions sont essentielles pour pouvoir s’engager dans une aventure vraiment intéressante pour soi.

Après l’exploration, on passe à l’action?

 Oui, mais à l’action... réfléchie. Inutile de foncer sur n’importe quel projet par simple envie de changement. Le mieux est de prendre son temps et de faire des choix pour soi. Ce qui compte, c’est de trouver son véritable bonheur, pas seulement l’image qu’on s’en fait.

Que faire si on stagne?
 Si on n’arrive pas à cerner de source d’inspiration ou si on peine à se remettre d’une rupture douloureuse, il faut y aller de manière progressive. Surtout, ne pas prendre de décisions radicales sous prétexte qu’on veut que ça change! C’est préférable de s’entourer de gens en qui on a confiance, d’aller chercher de l’information, voire de l’aide, pour faire des choix éclairés. Vous savez, c’est une fois inspiré et déterminé à déployer les efforts voulus pour faire évoluer les choses qu’on réussit le mieux à profiter de sa liberté.
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