Cette semaine, Montréal défile. La journaliste d'ellequebec.com en a profité pour chausser ses plus hauts talons, assister à tous les défilés et repérer toutes les tendances. Récit avec des ampoules aux pieds.
JOUR 2 : Caroline Néron et un designer anti-mode 
Quand on est un jeune designer pas très connu et qu'on présente sa collection dans le showroom du Marché Bonsecours pendant la Semaine de la Mode, les chances d'attirer les médias sont minces. Sans défilé: pas de journalistes. Et pour avoir un défilé, il faut allonger les sous. Naco de Paris a quand même réussi à se débrouiller: il a organisé un mini-défilé en pleine rue complètement à l'improviste, avec quelques-uns de ses amis comme modèles. Et il a rajouté une petite formule choc pour être certain de piquer la curiosité : il est « anti-fashion », affirme-t-il.
Photo: l'anti-défilé de Naco de Paris
Simple, mais efficace : il y avait au moins cinq photographes et un caméraman qui mitraillaient de leurs objectifs la joyeuse bande d'amis en caleçons rayés, lunettes de soleil et pancartes gribouillées à la main. « À Paris, faire un défilé coûte très cher, m'a-t-il expliqué plus tard quand je lui ai demandé d'où venait le concept. La rue, c'est gratuit et c'est plus drôle. Pour moi, la mode doit être une histoire de bande d'amis. Pas juste une énorme machine de marketing… »
Photo: un jeune homme en Naco.
Et les vêtements, dans tout ça? J'ai vu des caleçons rayés, des couleurs fluo, des leggings à pois et des t-shirts à logo. Le parfait ensemble du clubbeur dans la vingtaine. C'est Naco lui-même qui le décrit le mieux : «C'est minimaliste avec une punk attitude. »
Photo : Naco de Paris, le designer qui n'aime pas la mode
Caroline Néron
Vers 18h00, je suis allée voir la collection de bijoux de Caroline Néron un peu à reculons. Une heure plus tard, j'étais agréablement surprise. Une chose est sûre : Caroline Néron connaît le showbiz et sait comment monter un bon spectacle. Pour présenter chacune de ses collections intitulées Cléopâtre, La Baronne et Cabaret, des danseuses professionnelles et des mannequins se relayaient pour former des tableaux vivants. Et pour une fois, tout le monde se prenait au jeu. Les mannequins ne défilaient plus à toute vitesse l'air neutre et hyper sérieux, elles se transformaient en nouvelle Cléopâtre ou en baronne décadente, parées de longs sautoirs brillants en argent et en cristal Swarovski.
Photo: Collection Cléopâtre de Caroline Néron

Le clou du spectacle... Quelques chihuahuas et un pug! Portées par les mannequins et accessoirisées des mêmes colliers que leurs maîtresses, les petites bêtes braquaient des regards complètement terrorisés sur l'audience. Je ne sais pas si vous avez déjà vu un Pug orné d'un tour de cou en pierres semi-précieuses, mais c'est très drôle.
Photo: Une mannequin et un Pug aux yeux exorbités.

Les bijoux eux-mêmes sont d'une élégance racée qui se décline des morceaux les plus simples (les pendentifs) aux plus complexes (un collier qui se ramifie sur tout le torse). À porter si on n'a pas peur de briller.
Photo : Une sosie de Marie-Antoinette avec les bijoux de Caroline Néron.




