Les blogueurs ont pris d'assaut la planète mode! Une histoire de passion… et de marketing. Portrait d'une mégatendance.
«Je consacre environ 15 heures par semaine à mon blogue, et c'est sans compter les événements auxquels j'assiste et le temps que je passe sur mes pages Facebook et Twitter!» comptabilise quant à elle Audrey, alias Missaa, de Elle M la mode.
Cette amoureuse de la mode considère d'ailleurs que le temps investi dans ces différents médias sociaux augmente considérablement le trafic sur son site. S'il faut être passionnée pour consacrer autant de temps à une activité non rémunérée, cet investissement en vaut parfois la chandelle. En lançant son blogue, l'an dernier à pareille date, tout juste après avoir assisté à son tout premier défilé, Audrey n'aurait jamais soupçonné que la rédactrice en chef du Magazine Urbain lui proposerait de devenir l'une de ses collaboratrices. Aujourd'hui, c'est grâce à son passe-temps favori que la blogueuse de 23 ans gagne sa vie à titre de rédactrice mode pour le site web de ce magazine.
Les blogueurs à l'avant-scène
CindyLou et Audrey font partie d'une petite communauté de blogueurs qui compte, entre autres, Une Parisienne à Montréal, Jeans & Stilettos et Montreal Instyle. «On se voit aux événements, on se suit sur Twitter et on est des amis Facebook, lance Audrey. Même si on traite du même contenu, on le fait toujours de manière différente, selon notre personnalité.»
Si jadis les blogueurs devaient solliciter une invitation pour assister aux événements de presse, ils figurent désormais dans le carnet d'adresses des relationnistes. «Ils savent que si j'assiste à un événement, dans 95 % des cas, je le mentionnerai sur mon blogue dans les 48 heures qui suivent, contrairement à un magazine qui ne publiera l'information que dans quelques mois, ou peut-être même jamais», affirme Audrey.
Depuis deux ans, les organisateurs de la Semaine de mode de Montréal suivent aussi la tendance et convient les blogueurs à leurs célébrations biannuelles de la mode. Chantal Durivage, coprésidente de Sensation mode, croit d'ailleurs que le caractère instantané de ce média est idéal pour créer un buzz autour d'un défilé. Si on a pu apercevoir au cours de la semaine des blogueurs assis en première rangée, ceux-ci ne sont pas nécessairement les bienvenus à tous les défilés. «Certains créateurs sont très ouverts à l'idée d'inviter des blogueurs à leur défilé, tandis que d'autres le sont moins. Ils considèrent que leur clientèle consultera davantage les médias traditionnels», explique Chantal Durivage.
Page suivante: Une guerre entre les journalistes et les blogueurs?



