Depuis quatre ans, la maison Chanel présente un défilé en hommage aux artisans de la haute couture. La collection Paris-Londres 2008 est une merveille de savoir-faire.

GUILLET
La parure florale
Marcelle Guillet perpétue l'art de son arrière-grand-mère, arrivée de Nantes en 1896 pour monter à Paris un atelier de broderies et de fleurs en tissu. Dès l'âge de 13 ans, elle exécutait ses premières roses. Quelque 1500 créations plus tard, elle est toujours là, dirigeant 24 ouvrières qui transforment habilement la soie ou la mousseline, le tweed, le velours ou la dentelle en pétales vaporeux. Les grands de l'industrie sont nombreux à solliciter ses services: Chanel, Christian Dior, Sonia Rykiel, Lolita Lempicka; ainsi que l'Opéra national de Paris, le musée Jacquemart-André et le Château Vaux-le-Vicomte. N'ayant pas de successeur, Madame Marcelle (nommée Maître d'art en 2002) s'est jointe aux ateliers Chanel dans le but, dit-elle, «d'éviter que le savoir-faire de ma famille ne sombre dans l'oubli».
GEORGES DESRUES
Le bouton d'art
La haute couture, on s'en doute, ne magasine pas ses boutons à la mercerie du coin. C'est ici que le parurier Georges Desrues entre en scène, pour mouler, sculpter ou ciseler, teindre, dorer et patiner, émailler et polir les boutons-bijoux de Chanel. En un siècle d'existence, la maison a créé 80 000 modèles en cuivre, en étain, en argent, en nacre, en corne, en jais, en bois, en résine ou en galalithe. Desrues fabrique également les chaînes qui deviendront des ceintures, des gourmettes, des sautoirs et des bandoulières de sac à main (notamment, celle du célèbre sac matelassé, lancé en 1955 et encore au goût du jour). L'atelier produit aussi les somptueux bijoux en pâte de verre qui composent les bracelets-manchettes, les bracelets-bagues et les colliers- pectoraux dont raffole Lagerfeld.

Photos: Karl Lagerfeld/ Chanel (Mannequins); Studio Chanel (broderies, chaussure et accessoires)




