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Un mois sans shopping: mission impossible?

Soledad Photographe : Soledad Auteur : Elle Québec

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Un mois sans shopping: mission impossible?

Je. Ne. Suis. Pas. Une. Acheteuse. Compulsive. Spontanée, certes. Mais PAS compulsive. Aussi ai-je été (légèrement) étonnée quand mes collègues m'ont désignée à l'unanimité pour cette expérience d'un mois sans shopping. Il est vrai que le jour où la fée Économe est passée, je n'étais pas là. Partie magasiner, diront les mauvaises langues. Mais de là à croire que quatre malheureuses petites semaines sans dépenser seraient pour moi une torture? Pfff.

Bon, je dois confesser que mon conseiller financier était ravi que je tente le coup. Lui qui ne cesse de me répéter que la question n'est pas de savoir si j'ai ENVIE d'un nouveau sac à main (ou d'une robe - même en solde), mais si j'en ai BESOIN. N'a-t-on pas toujours besoin d'un nouveau sac à main (ou d'une robe - surtout en solde)? «Non», me répond- il invariablement en levant les yeux au ciel. Ah bon?

Je dois aussi avouer que la journée précédant ce mois de disette, je suis allée faire une (petite) razzia dans les boutiques. (Que celle qui ne s'est jamais empiffrée de gâteau au chocolat avant de commencer un régime me jette la première pierre!) Je me suis trouvée très bonne les premiers jours. Jusqu'à ce que ma collègue qui m'avait enrôlée dans ce projet sadique m'explique patiemment, en levant les yeux au ciel (serait-elle parente avec mon conseiller financier?), qu'un mois sans shopping ne signifiait pas un mois sans rien acheter, mais bien un mois «à ne pas ma-ga-si-ner». Quoi? Moi qui me sentais si fière d'être entrée dans trois boutiques l'après-midi même et de n'avoir pas dépensé un sou! Zut!

 

Mais qu'allais-je faire de 12 h à 13 h, moi qui travaille en plein centre-ville et qui ai accès à toutes les boutiques que compte le Montréal souterrain? Gulp! Disons que la compagnie qui m'emploie a sûrement dû faire des profits record durant ce - très long - mois, car j'ai passé toutes mes heures de lunch assise à mon bureau à... travailler.

Je m'étais inscrite au gym, histoire de rentabiliser tout ce nouveau temps libre, et accessoirement de perdre quelques kilos, ET de refaire ma garde-robe une fois l'expérience terminée (on jase, là), mais il m'a fallu abdiquer. La raison? Je dois traverser TROIS centres commerciaux pour me rendre au gym. Une trop grande torture pour mes pauvres nerfs fragilisés par ce mois de privations.

L'expérience allait bon train et mon moral battait sérieusement de l'aile, tellement que j'ai accepté de passer le weekend à la campagne avec mon chum. La campagne! Fallait-il que je sois déprimée. Mais voilà que, juste avant d'arriver dans cette contrée lointaine, mon tendre amour me parle avec des étoiles dans les yeux de la balade en montagne que nous ferions le lendemain. Euh... Pour moi, campagne signifie terrasse, chaise longue, vin et lecture. Aussi n'avais-je emporté que des sandales. Il a levé les yeux au ciel (encore!) et là, j'ai compris que je devais choisir entre rompre mon voeu d'abstinence ou divorcer. J'ai réfléchi et j'ai choisi la première solution.

 

Les magasins de vêtements de sport suscitent rarement beaucoup d'excitation chez moi mais, dans ces circonstances particulières, je peux vous assurer que j'ai donné au petit vendeur de la boutique où nous nous sommes arrêtés sa première occasion de voir une cliente frôler l'orgasme en achetant des chaussures... de marche! Surtout que je pouvais affirmer à mon conseiller financier que oui, j'en avais vraiment BESOIN.

Bilan de l'aventure? Mis à part le fait que j'ai vaillamment résisté à l'envie d'étriper ma collègue (qu'on m'élève une statue!), j'ai mesuré à quel point le magasinage était une source de délassement et un plaisir pour moi. J'ai aussi compris que, même si je n'achète pas quelque chose chaque fois que je mets les pieds dans une boutique, la tentation est toujours bien présente. J'ai donc changé mes habitudes depuis la fin de ce mois sans shopping. J'ai commencé à m'entraîner au gym (oui, oui) et je m'octroie une seule séance de lèche-vitrine par semaine. Mon portefeuille s'en porte mieux et je suis plus en forme. Quant à mon conseiller financier, aux dernières nouvelles, il songeait à engager ma collègue...

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