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Portrait: Cristelle Basmaji, de Jacob

Marianne Larochelle Photographe : Marianne Larochelle Auteur : Elle Québec

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Portrait: Cristelle Basmaji, de Jacob

Son CV

2002 Obtient son baccalauréat en gestion, à l'Université Concordia.
2006 Obtient sa maîtrise en relations publiques de la University of Southern California.
De 2006 à 2009 Travaille au cabinet de relations publiques National.
2009 Fonde le Service des relations publiques de Jacob.
2010 Lance la politique de non-retouche de l'image des mannequins.

«À 16 ans, j'ai eu mon premier travail: vendeuse dans une boutique Jacob. Pour mes parents, c'était primordial que je travaille pour mériter mon argent de poche. Ils viennent d'un milieu modeste, à Sorel, et ils voulaient m'inculquer les valeurs avec lesquelles ils avaient grandi. C'était d'autant plus important pour eux que j'étais fille unique et que je grandissais dans un milieu plus fortuné.

«L'été, pendant que j'étais étudiante, je faisais des stages au siège social de Jacob, dans tous les services. Je voulais tout comprendre, tout connaître. Plus tard, je me suis dirigée vers les relations publiques parce que ça englobait tout ce que j'aimais.

«Quand j'ai terminé mes études, les relations publiques n'existaient pas chez Jacob. J'ai souvent demandé à mes parents pourquoi. Ils me répondaient que l'important pour eux n'était pas que les médias parlent de leur entreprise, mais que leurs boutiques offrent de bons produits et un bon service à la clientèle. Je trouve impressionnant qu'ils aient connu un tel succès sans miser sur la promotion. Mais c'était une autre époque... Aujourd'hui, avec la compétition féroce qui règne, on ne peut pas se permettre de ne pas être présents dans les médias.

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«Faire du mentorat auprès des jeunes, ça m'inspire. Les étudiants sont très curieux, très au fait des technologies, et moins gênés que les gens de ma génération lorsque vient le temps de poser des questions et de donner leur avis. Il faudrait juste qu'ils apprennent à mieux doser les choses... et à émettre leur opinion au moment approprié.

«J'ai toujours eu la passion du bénévolat et de l'engagement communautaire. Après mon bac en gestion à Montréal, j'ai fait une maîtrise à Los Angeles sur la responsabilité sociale des entreprises. J'étais fascinée de voir comment les médias avaient réussi à faire pression sur les grandes marques. En dévoilant les conditions de travail des enfants dans les usines chinoises, par exemple, ils ont forcé les entreprises à poser des gestes concrets. J'ai eu envie d'appliquer cette façon de penser en revenant au Canada. C'est ainsi qu'on a implanté la politique de ne pas retoucher le corps des mannequins dans les publicités Jacob - on avait envie de promouvoir une image saine des femmes.

«Ce que j'ai appris avec les années? À avoir plus confiance en moi. À être ferme lorsqu'il le faut. Au début de ma carrière, j'esquivais davantage les querelles. Aujourd'hui, je n'attends plus: je sais que, si je dis tout de suite la vérité à un employé, ça peut nous permettre de trouver des solutions ensemble.

«Le plus grand défi que j'ai relevé, c'est la restructuration de Jacob il y a deux ans. On a dû licencier beaucoup d'employés... Ce n'est jamais facile. Mais on a toujours fait preuve de transparence, à la fois auprès des médias (qu'on informait de notre chiffre d'affaires) et des employés. Je suis fière qu'on ait réussi à traverser cette crise en respectant nos valeurs et en gardant nos meilleurs talents.»

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