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Karine Vanasse x Elisa C-Rossow: rencontre avec une artiste de la mode

Karine Vanasse x Elisa C-Rossow: rencontre avec une artiste de la mode

Karine Vanasse x Elisa C-Rossow Photographe : Simons

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Karine Vanasse x Elisa C-Rossow: rencontre avec une artiste de la mode

Le 25 septembre prochain, Simons mettra en ligne les quelques pièces en édition ultra limitée — manteau, vestes, robes et hauts — issues de la collaboration entre l’actrice Karine Vanasse et la designer Elisa C-Rossow, avant de les vendre en boutique à travers le Canada dès le 28 septembre. On a profité de la présentation de cette collection exclusive pour s’entretenir avec la créatrice.

Elle a accouché il y a 18 jours à peine, nous dit-on. Pourtant, à la voir sur la scène de fortune, en fait un studio photo transformé pour l’occasion, Elisa C-Rossow ne montre aucun signe de fatigue. Énergique et passionnée par son travail, la jeune femme, originaire du sud de la France, parle de sa collaboration avec Karine Vanasse devant une poignée de journalistes. L’actrice est présente, elle aussi, et raconte comment elle a eu un coup de cœur pour le travail de la designer et pour ses créations épurées et minimalistes, pensées jusqu’à la moindre finition… C’est qu’Elisa C-Rossow est une véritable artisane du vêtement comme on en trouve peu aujourd’hui. Elle ne fait pas de «mode». À l’entendre, c’est presque un gros mot: elle fait allusion aux tendances, qui meurent chaque saison pour que d’autres puissent renaître de leurs cendres. Le cycle sempiternel du Phoenix frivole qui, sans relâche, change la couleur de son plumage selon l’humeur du moment va à l’encontre de sa philosophie, qui l’aiguille depuis qu’elle a fondé sa griffe éponyme en 2008. Son fil d’Ariane, c’est avant tout l’intemporalité: créer des essentiels qui durent tout une vie, ou du moins plusieurs années, et, surtout, débarrassés de toute fioriture. Elisa C-Rossow travaille le tissu comme un sculpteur modèle la pierre, et ne craint pas de s’élever au rang d’artiste. Rencontre avec une designer du vêtement bien fait.

Pourquoi avez-vous choisi de collaborer avec Karine Vanasse?

On s’est rencontré en collaborant sur une vidéo, et depuis, on entretient une belle relation d’amitié. On partage les mêmes valeurs en ce qui concerne les vêtements et la manière de les consommer intelligemment. C’était important pour moi de créer une collection avec quelqu’un qui partage la même vision, et le fait de collaborer avec Karine m’a paru évident.

Karine Vanasse x Elisa C-Rossow: rencontre avec la créatrice, artiste de la mode

Karine Vanasse x Elisa C-Rossow / Crédit: Simons

Comment s’est déroulée la collaboration?

Karine [Vanasse] a mis autant d’énergie que moi à créer la collection. Je l’ai fait participer à toutes les étapes de la production, même si je savais qu’elle n’y comprenait pas toujours grand-chose. On a collaboré jusqu’à la toute dernière étape, en livrant ensemble les boîtes de vêtements chez Simons!

PLUS: Le #QuestionnaireELLE : 25 questions à… la créatrice Elisa C-Rossow

Vos pièces sont presque exclusivement en noir et blanc, si ce n’est pour le gris, qui s’est immiscé dans cette collection. Vous verra-t-on un jour embrasser du rouge ou du jaune?

Je ne pense pas. Ça va à l’encontre du concept de mon entreprise qui est de créer des vêtements intemporels, qui conviennent à toutes les femmes. La couleur, c’est à la mode, alors que le noir et le blanc, ce sont des valeurs. Un jour, peut-être, userais-je du bleu nuit… Mais en attendant, je laisse les autres designers faire de la couleur, et les clientes mixer leurs vêtements bariolés et tendance avec mes essentiels!

D’où vous vient cette fascination pour l’esthétique minimaliste?

D’une manière générale, j’aime ce qui est épuré. J’ai une formation en art et, pour moi, c’est très important qu’il n’y ait rien de «gratuit» dans ce que je crée: lorsque je crée un vêtement, j’ai besoin d’enlever au maximum tout ce que je considère en trop. Certains artistes essaient de mettre trop d’idées en une. Moi, j’ai tendance à créer du vide, plutôt qu’à concevoir du plein. Cette épuration vient chercher une esthétique masculine que j’aime beaucoup. Et puis, les vêtements deviennent des classiques. C’est d’ailleurs de cette idée que me vient mon logo: des ciseaux pour bonsaï, que j’ai trouvés dans une brocante. Pour moi, c’est la plante haut de gamme par excellence; elle est minimaliste, fragile, délicate et élégante. Elle représente bien mon travail.

Karine Vanasse x Elisa C-Rossow: rencontre avec la créatrice, artiste de la mode

Karine Vanasse x Elisa C-Rossow / Crédit: Simons

Où puisez-vous votre inspiration?

Je ne m’inspire ni des tendances ni des défilés, mais du travail d’autres artistes, de l’émotion d’un film, de l’architecture ou d’une atmosphère. Je voyage aussi beaucoup. Des villes comme Cincinnati me stimulent.

Est-ce difficile de se faire un nom au Québec en tant que designer?

Quand même! Ça fait presque 10 ans que j’ai lancé ma griffe et mon nom est à peine connu. Mais ce n’est pas une finalité pour moi. Et puis, j’arrive quand même en seconde position des designers canadiens les mieux vendus chez Simons! En fait, ce qui m’a beaucoup aidé, au départ, c’est de faire du sur-mesure. C’est une petite niche, où les clientes reconnaissent le talent et la qualité. Dans mon atelier, où je travaille avec mon assistante, on produit tout à la main, sauf les vêtements en jersey. Cette année, en six mois, on a créé plus de 450 morceaux! Lorsque la cliente nous rend visite, elle comprend le travail qui se cache derrière chaque pièce. Je suis plus une artiste du vêtement qu’une femme d’affaires: je ne fais pas juste un dessin, je fais tout!

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Karine Vanasse x Elisa C-Rossow / Crédit: Simons

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui rêve de faire votre métier?

Il faut avoir une identité et un concept extrêmement solide pour créer sa propre compagnie. Et puis, il faut savoir qu’il n’y a pas que le travail de designer dans l’industrie: il y a d’autres corps de métier — patronniste, échantillonneur, couturier — dont on manque terriblement au Québec! Par ailleurs, il ne faut pas voir trop grand dès le début. J’ai travaillé fort pour me rendre là où je suis, en y allant étape par étape. Mes deux premières collections, je les ai cousues sur une vieille machine à coudre familiale des années 1950, que j’ai achetée pour 30 $ sur Kijiji. Beaucoup de jeunes designers investissent tout de suite dans du matériel qui vaut très cher, puis se cassent la figure. Il faut y aller doucement: ce qui compte pour réussir, c’est le talent, le professionnalisme et l’expertise!

La collection Karine Vanasse x Elisa C-Rossow sera disponible en édition limitée chez Simons exclusivement, dès le 25 septembre en ligne et à partir du 28 septembre en boutique.

 

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