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Retour sur la conférence de Thierry-Maxime Loriot au FMD

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Retour sur la conférence de Thierry-Maxime Loriot au FMD

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[caption id="attachment_15614" align="aligncenter" width="650"] Stéphane Leduc et Thierry-Maxime Loriot, lors de la conférence donnée au MAC, le 22 août, dans le cadre du FMD. Stéphane Leduc et Thierry-Maxime Loriot, lors de la conférence donnée au MAC, le 22 août, dans le cadre du FMD.[/caption] C'est Thierry-Maxime Loriot, ancien mannequin vedette et commissaire de la fameuse exposition Jean-Paul Gaultier, qui a clos cette semaine de conférences organisées dans le cadre du Festival Mode & Design. Après la blogueuse Garance Doré et Nathalie Rykiel, la fille de la créatrice Sonia Rykiel, c'est l'ancien mannequin et commissaire d'exposition, Thierry-Maxime Loriot, qui a accepté de partager son expérience dans l'univers de la mode et de l'art avec le public de la FMD. Son nom ne vous dit peut-être pas grand-chose. Pourtant, ce natif de Québec a joui d'une très belle carrière internationale en tant que mannequin. Arrivé à Montréal pour étudier l'architecture à l'Université de Montréal, il est repéré par une journaliste mode qui, sans doute charmée par son allure de jeune dandy anglais, lui a suggéré de s'essayer au mannequinat: «La première agence que j'ai contactée m'a clairement dit que je ne correspondais pas du tout aux critères physiques en vogue à cette époque» avoue-t-il dans un sourire. Pourtant, l'agence suivante, Montage, décèle immédiatement son potentiel et le catapulte quelques jours plus tard à Paris, en pleine semaine de la mode! «Je suis arrivé dans un studio photo du 11ème, complètement sous l'effet du jetlag, et je me suis endormi sur le canapé. Un monsieur m'a réveillé en me demandant ce que je faisais là. Je lui ai répondu que je devais rencontrer un photographe, Mr. Testoni....». Le monsieur devant lui était non seulement le photographe en question, mais il n'était nul autre que... Mario Testino! «Il a bien vu que je ne connaissais rien à la mode et il a dû apprécier ma candeur car il m'a immédiatement envoyé à Londres pour mon premier contrat: une campagne de pub pour Burberry aux côtés de Kate Moss!». Pas mal pour une première expérience! La suite fait rêver, car Thierry-Maxime a eu une carrière de mannequin comme il en existe peu: instantanée, prestigieuse et longue. Pendant 10 ans, il a défilé pour les plus grands designers aux côtés des mannequins stars de l'époque (Naomi, Kate, Claudia, Cindy et les autres) et a inspiré les photographes de mode les plus reconnus, de Mario Testino  à Peter Lindbergh en passant par Richard Avedon, Herb Ritts, Irving Penn et bien d'autres. Simple, humble et furieusement passionné d'art, Thierry-Maxime n'a jamais bien compris l'engouement qu'il suscitait en tant que mannequin (et ça semble sincère!). Il s'est donc toujours senti privilégié et a profité de ses déplacements à travers le monde pour découvir les gens du milieu, mais surout les musées, les expositions et les galeries d'art des plus grandes villes de la planète. C'est là que son intérêt pour ce domaine s'est véritablement accentué et que, de retour à Montréal, il a décidé de suivre des cours d'Histoire de l'Art. La force de cet homme? Son ouverture d'esprit et l'envie démontrée, depuis ses débuts, de creuser la démarche artistique des photographes qui ont contribué à véhiculer une certaine image de la mode. Devenu, un peu par hasard, assistant de recherche au Musée des Beaux-Arts de Montréal, Thierry-Maxime a enchaîné les mandats et exploré sa passion combinée pour l'Art et la mode avant que Nathalie Bondil, directrice du musée, lui offre de monter l'exposition sur Jean-Paul Gaultier. Si vous l'avez vue, vous connaissez la suite: Thierry-Maxime a réussi à organiser, de concert avec le designer provocateur, «un homme humble, généreux, très ouvert et un véritable artiste, même s'il se considère plus comme un artisan», une incroyable exposition interactive qui jouit d'un succès constant depuis son dévoilement à Montréal, en 2011. «L'idée était de proposer quelque chose de vivant, de moins statique qu'une exposition. Le concept d'installations contemporaines a plu à Jean-Paul Gaultier car il n'avait plus l'impression d'être l'objet d'une rétrospective, habituellement réservée aux artistes "morts". J'avais également envie que cette expo interpelle et intéresse autant les gens de mode que les novices. Selon moi, Jean Paul Gaultier s'y prêtait parfaitement car en privilégiant depuis toujours des beautés différentes, variées et uniques, il incarne un phénomène social qui dépasse largement l'univers de la mode. Et c'est ce que je trouve passionnant dans mon métier. Montrer que la mode peut aller au-delà d'une simple image ou d'un vêtement.» Ce qu'on retient de cette conférence? Thierry-Maxime est un fin connaisseur du domaine de la photographie et un passionné de culture pop. Il exerce son métier à l'instinct en pensant au public, et avec une ouverture d'esprit qui le départit d'un jugement de valeur ou d'un côté élitiste parfois un peu exclusif. Il est fier des talents québécois (De Xavier Dolan au photographe Nicolas Ruel et bien d'autres) et met tout en oeuvre pour les faire rayonner à l'extérieur de nos frontières. En témoigne l'ouvrage réalisé dans le cadre de cette expo, un produit 100% québécois! L'anecdote drôle: Il y en a plusieurs. Mais personnellement, j'ai appris que les T-shirts déchirés et les chemises nouées autour de la taille de Kurt Cobain ne sortaient pas d'une friperie et étaient signées...Jean-Paul Gaultier. Infos: L'expo Jean-Paul Gaultier s'envole vers l'Australie et en avril 2015, elle effectuera son 10ème arrêt à Paris, au Grand Palais. Beaucoup d'émotion et de fierté pour Thierry-Maxime Loriot. On lui tire notre chapeau. À DÉCOUVRIR: Le défilé FMD Collections en photos Entrevue avec Ying Gao, la designer à découvrir au FMD Les looks de rue aperçus au Festival Mode & Design Dossier: Festival Mode & Design 2014
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