Envoyer à un ami

Envoyer à un ami

* Champ obligatoire.

Sébastien Ricard dans la peau de Dédé

Rencontre avec Sébastien Ricard, qui interprète le chanteur des Colocs dans le film Dédé à travers les brumes.

Par
Jean Barbe
(7 personnes)
evaluation

Pagination

Rencontre : Sébastien Ricard dans la peau de Dédé

Nous sommes attablés à la terrasse couverte d'une croissanterie. Tout est gris sous la pluie chaude. Une légère brume estompe les contours du monde. C'est une drôle d'expérience quand deux personnes qui ne se connaissent pas se réunissent pour parler de quelqu'un qui n'existe plus. Car nous sommes deux, et pourtant nous sommes trois. Nous avons en commun d'être dans l'ombre d'un mort, et c'est le mort qui nous a réunis à sa table. Le mort s'appelle Dédé Fortin. Le 8 mai 2000, agité, nerveux, en proie à un désespoir dont nous ne connaîtrons jamais la teneur exacte, l'auteur-compositeur-interprète de 37 ans et leader du groupe musical Les Colocs décidait de se donner la mort à la manière des samouraïs. Presque huit ans après le suicide du chanteur, le cinéaste Jean-Philippe Duval confiait le rôle de Dédé Fortin au comédien Sébastien Ricard, alias Batlam, membre du groupe Loco Locass. Au moment de notre rencontre, le tournage était achevé depuis moins d'une semaine, et l'acteur-chanteur profitait de quelques jours de congé avant de plonger dans l'écriture du prochain album de Loco Locass. Le film s'appelle Dédé, à travers les brumes. Sa sortie est annoncée pour le printemps 2009. Il a bénéficié d'un gros budget (huit millions de dollars) et de rumeurs plus considérables encore. On attend ce film avec un mélange d'impatience et de scepticisme.

Avec une brique et un fanal. Et avec beaucoup d'espoir. Ah! Si seulement on pouvait transformer ce terrible épisode en une oeuvre d'art! Si seulement on pouvait trouver un sens à cette mort absurde, une consolation, un espoir! Si seulement on pouvait faire du mort un héros!

DÉJÀ UN MYTHE
«Le film ne s'attarde pas seulement à la mort de Dédé Fortin, me dit Sébastien Ricard. On veut montrer toute la complexité et la richesse de l'homme. – Mais tu sais aussi bien que moi qu'il n'y aurait pas eu de film s'il ne s'était pas suicidé. On ne fait pas un film sur Claude Dubois parce qu'il est devenu père à un âge vénérable... C'est le suicide qui fait le film. C'est la tragédie.»

Sébastien Ricard se mordille la lèvre. Bien sûr qu'il sait tout ça. Mais de là à le dire... «J'ai accepté de faire ce film-là parce que c'est un honneur de rendre hommage à un être comme Dédé Fortin.

Je me passionne pour la mémoire, pour ce qui nous a faits. Mais la vérité, c'est que je ne connaissais pas Les Colocs avant. Ce n'était pas mon genre de musique. Bien sûr, je connaissais Dédé Fortin et j'ai ressenti une grande émotion quand on a annoncé sa mort, mais sa musique, je ne la connaissais pas. Ç'a été une découverte, pour moi.»

 

Photo: Dédé à travers les brumes

COMMENTAIRES.

  • Annick
    Published:
    2011-12-23 6:17 PM

Commentez

* Champ obligatoire.

concours

Publicité

ActuELLEs: Célébrités

Autres ActuELLEs Célébrités »

Publicité



Restez connecté

Partenaires