L'un est Anglo, aristocrate, très classe. L'autre est Québécois, macho, un rien baveux. Ensemble, ils représentent les deux visages de l'Homo canadianus dans Bon Cop Bad Cop, le film popcorn de l'été. Entrevue à bâtons rompus.
«Si le Québec et le Canada formaient un couple, le Québec serait une fille de 30 ans forte et extrêmement déterminée, et le Canada, un pauvre gars plutôt stiff qui essaie tant bien que mal de la suivre!» croit Colm Feore. «Mais non, Colm!, répond Patrick Huard. C'est le Canada qui serait la femme, organisée et structurée. Le Québec, lui, serait le mâle irresponsable, l'infidèle qui va où le vent le mène!» Fou rire magistral des deux comédiens.
Patrick Huard, le macho préféré du Québec, et Colm Feore, l'acteur canadien-anglais au chic aristocratique (il a incarné à merveille Pierre Elliott Trudeau, le très dandy ex-premier ministre du Canada, dans la minisérie Trudeau, en 2002) sont réunis ce matin-là dans un studio de Montréal pour la séance photo. Un tandem de choc pour jouer les Bon Cop Bad Cop, à l'affiche ces jours-ci partout au Canada.
Dans ce film réalisé par Érik Canuel (Le survenant, Le dernier tunnel), Huard et Feore incarnent des policiers – l'un québécois, l'autre ontarien – aux styles résolument opposés, qui doivent faire équipe pour élucider une série de crimes commis dans le monde de notre sacro-saint sport national: le hockey. «Il fallait bien leur trouver un point commun, à ce Frenchie et à cet Anglo», lance Patrick Huard, concepteur et coscénariste du film. «À part le hockey, je ne vois rien d'autre. Sauf Céline Dion.» Et rebelote avec les fous rires!
Comme larrons en foire
Visiblement, les deux lascars s'adorent. «Les scènes les plus difficiles à tourner ont été celles où je devais afficher de l'animosité envers le personnage de Colm parce que je le trouvais trop “tête carrée”, confie Patrick Huard. Je ne le sentais tellement pas.» Cette complicité naturelle se reflète aussi dans une passion partagée: le sexe opposé.
D'après la publicité, Bon Cop Bad Cop serait «le premier film canadien complètement bilingue». Vraiment? «Tout à fait. On parle anglais et français dans la même phrase! résume Colm Feore. Le public coast to coast va tout comprendre, même sans sous-titres.»
Ils emploieront d'ailleurs spontanément la même technique plusieurs fois durant l'entrevue. Et cela, même si Colm Feore s'exprime dans un excellent français. Un cadeau de ses parents d'origine irlandaise qui, dès leur arrivée au pays, ont décidé que pour être un vrai Canadien il fallait parler les deux langues...
Peu connu au Québec, Colm Feore est une star dans le reste du pays. Le comédien de 48 ans a tenu des dizaines de rôles au théâtre comme à l'écran (en 2005, il jouait aussi à Broadway dans Julius Caesar aux côtés de Denzel Washington). Une renommée dont il use pour faire la promotion du film québécois chez ses compatriotes. «Je vends les billets un à un! L'employé de la banque, les douaniers, mon boucher, tout le monde veut savoir quel projet j'ai en chantier. Et chaque fois, je réponds: “C'est Bon Cop Bad Cop, allez voir ça: vous allez découvrir de sacrés bons comédiens du Québec là-dedans!” Même mes enfants sont tannés de m'entendre radoter sur le sujet!»
Le tournage s'est-il bien déroulé? «Oh oui! Nous devions parfois nous lever à quatre heures du matin, mais comme plein de belles filles travaillaient sur le plateau, nous n'avions pas à nous plaindre», dit Patrick en jetant un regard complice à Colm. Nous voici donc – déjà! – rendus sur leur territoire de prédilection... Puisque c'est ainsi, entrons-y!
Photos: Alliance Atlantis




