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Louis-José Houde, un clown, cinq clones!

François Avard nous présente Louis-José Houde

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Louis-José Houde, un clown, cinq clones!

Un jour, François Avard, prof à l'École nationale de l'humour, a vu débarquer dans sa classe, un jour, une «machine à gags» nommée Houde. Depuis, les deux sont devenus copains et ont collaboré à l'écriture du deuxième one man show de Louis-José. Quel homme se cache derrière le clown? L'auteur des Bougon nous livre sa réponse.

Pour la première fois, je rencontre Louis-José avec la mission de discuter d'autres choses que du boulot. «Est-ce qu'on saura quoi se dire?» s'enquiert LJ. «T'inquiète pas, lui ai-je répondu, j'ai préparé des questions. On va jouer à l'entrevue ELLE QUÉBEC...»

Résolument consciencieux, j'ajoute même une contrainte au jeu: ne pas essayer d'être drôle. Pour cet entretien, j'exige de LJ qu'il soit vrai, sincère. D'emblée, je fais le pari qu'hormis son personnage d'humoriste public, les lectrices ne connaissent pas LJ mieux que moi. Je pars donc à la découverte de l'homme, je traverse le miroir, j'entre dans la sphère privée, je m'insinue dans… Vous avez compris: nous allons tenter ici de dévoiler l'autre LJ.

Élève prodige
Au moment de cette interview, Louis-José et moi célébrons le 10e anniversaire de notre première rencontre. À l'époque, j'étais professeur à l'École nationale de l'humour; lui était un élève surdoué, “surdévoué” et survolté. Un nerd sans «barniques». J'étais son coach d'écriture. Chaque vendredi, les étudiants devaient présenter un nouveau numéro. Mon rôle consistait à les rencontrer en début de semaine pour «bisouner» avec eux sur leurs textes. Tandis que la plupart arrivaient avec des ébauches de phrases, des balbutiements de ce qui, un jour, deviendrait peut-être un gag, LJ se présentait avec moult propositions de numéros – tous écrits du début à la fin, les fautes corrigées, avec des gags de rechange «au cas où»…

Une vraie machine. Un talent exceptionnel. Une rareté. Un phénomène surnaturel. Le Docteur Doogie de l'humour. En un seul LJ, il y a huit scripteurs, douze performeurs et… un multimillionnaire.

Aujourd'hui, il est beau, bon, brillant, travaillant et riche. Mais si on enlève tout ça au bonhomme, qu'est-ce qu'il lui reste? Très peu de temps libre. LJ sort d'un automne de fou. De septembre à décembre, il a préparé et tourné six épisodes d'Ici Louis-José Houde pour la télé de Radio-Canada; il a élaboré et animé le gala de l'ADISQ; il a publié un recueil de ses textes, Mets-le au 3!; il a continué à roder son deuxième one man show; il a conçu et présenté un spectacle exclusif aux membres de son fan-club le soir de son 30e anniversaire, le 19 octobre dernier. Sans compter, à travers tout ça, un voyage de deux semaines au Vietnam. Pas étonnant que Louis-José aime tant les sushis: il est trop occupé pour prendre le temps de faire cuire son poisson.

Devant moi au café, il est bronzé, détendu et, surtout, calme. «Les gens ont une fausse impression de moi. Ils m'imaginent constamment branché sur le 220! Tantôt, quelqu'un qui m'aurait vu assis tout seul dans le resto aurait probablement pensé: “Ouin… tranquille, le gars!” Mais je ne peux pas toujours être grimpé aux rideaux! Sur scène, c'est l'adrénaline qui me donne toute cette énergie. Certains réagissent à ce stress en sacrant, d'autres en ayant des trous de mémoire. Moi, l'adrénaline me donne du rythme, elle accélère mon tempo.»

Carnet de campagne
Né à Saint-Apollinaire, sur la Rive-Sud de Québec, Louis-José y a habité jusqu'à l'âge de quatre ans. Propriétaires d'une ferme, Papa et Maman Houde ont alors constaté que leurs enfants se sentaient un peu isolés. «Quand on avait de la visite, on en parlait pendant six mois», raconte LJ. La famille a donc déménagé, et le jeune garçon a atterri à l'âge de sept ans sur la rue Oslo, à Brossard. Il y est resté jusqu'à ce qu'il quitte la résidence familiale, au début de la vingtaine.

La campagne de sa petite enfance, LJ aime bien s'y retrouver aujourd'hui, que ce soit pour travailler seul ou recevoir des amis. «Je vis dans le Vieux-Montréal et j'adore ça. Mais j'ai besoin de décrocher. À la campagne, où je loue une maison, donne-moi un feu de foyer, un livre ou des amis, et je suis heureux.»

Ses parents, Martin et Angèle, travaillaient comme fonctionnaires. «Mon père est très comique. Pas flamboyant, plutôt du type pince-sans-rire. Plus je vieillis, plus je lui ressemble. Je “sonne” comme lui. Par exemple, quand je monte l'escalier chez moi, ça sonne comme quand j'entendais mon père monter les marches. Je répartis mon poids de la même façon que lui, et j'ai exactement le même rythme... (silence) Mais je sais aussi que je suis bizarre de remarquer ce genre de détails…»

LJ pourrait en outre remarquer que son ardeur à la tâche lui vient également de ses parents. En plus de son emploi régulier, son père s'occupait, les week-ends, d'une entreprise d'import-export. Et sa mère, en plus de son emploi, gérait les études des trois enfants – surtout celles du fiston qui réussissait très moyennement. Car le «p'tit proute» Houde avait de la difficulté à se concentrer: trop distrait, trop imaginatif. «Mon père s'occupait des mathématiques, et ma mère, du reste. Elle pilotait la séance des devoirs et des leçons comme une vraie GO. Elle écrivait les règles de grammaire sur des cartons, les expliquait, soulignait tout ce qui était essentiel dans mes cahiers... À ses yeux, l'important était d'abord la langue française, mais elle s'est assurée que je maîtrise aussi l'anglais…»

Photo: SRC

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