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Le règne Karine Vanasse

Cette année, vous ne pourrez pas la manquer. Karine Vanasse est sur tous les fronts, entre autres dans la nouvelle série de Fabienne Larouche, Un homme mort. Rencontre avec une femme qui peut endosser tous les rôles: actrice, productrice... et même cover-girl!

Par
Steve Proulx
(4 personnes)
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EN TOUTE FRANCHISE
Dommage pour ses fans masculins: les références à sa tête plutôt qu'à son sex-appeal seront multiples, vu la nature de ses projets futurs. Le drame de Poly, par exemple. L'actrice qui compte coproduire un long métrage sur l'horrible tuerie se dit féministe, même si son film sur ce crime motivé par la haine des femmes ne le sera pas. «Je voudrais que le mot “féministe” ne soit pas épeurant, dit-elle. Je ne suis pas une extrémiste qui croit que les femmes doivent prendre toute la place. Pour moi, être féministe signifie montrer une ouverture, accorder une attention particulière à la condition des femmes.»

Et celle qui jouera aussi dans October, 1970 -un téléfilm produit par une boîte de Toronto et tourné en partie à Halifax- assure que le message «ne sera pas pro-Trudeau» dans ce document portant sur la Crise d'octobre, vue par le Rest of Canada.

Souverainiste ou fédéraliste, mademoiselle Vanasse? «Honnêtement, je ne me suis pas encore définie politiquement. Pas suffisamment, du moins, pour défendre mes convictions avec intelligence.» Et elle enchaîne sur l'absence de culture historique au Québec: «Je trouve que notre histoire n'est pas la matière la mieux enseignée à l'école. Quand on parle de fierté québécoise, il faudrait savoir d'où on vient, ce qui nous a précédé. Quand j'ai commencé à travailler sur le projet de la Crise d'octobre, j'ai trouvé aberrant de me sentir incapable d'en parler en connaissance de cause...»

MARIE-ANTOINETTE
Karine aura sans doute le temps de parfaire ses notions d'Histoire du Québec en 2006, même si figure déjà à son horaire la sortie du film Sans elle, de Jean Beaudin. Elle y incarne Camille, une jeune violoniste qui, lors d'un voyage à Florence, souffre du syndrome de Stendhal. «On l'appelle aussi le syndrome du voyageur, explique l'actrice. Des personnes peuvent en être atteintes lorsque ce qu'elles voient est comme... trop beau! Si tu es le moindrement fragile psychologiquement, ça te chavire complètement.»

Son personnage, forcé de revenir au Québec, est confronté au drame qu'il tentait de fuir: la disparition mystérieuse de sa mère. En compagnie d'un jeune violoneux qu'elle prend sur le pouce, Camille part alors sur les traces de sa mère, dans une quête qui la mènera jusqu'aux îles de la Madeleine et aux confins d'une profonde tourmente.

Par la suite, l'actrice devra aligner les entrevues - qu'elle aime tant faire! -à l'occasion de la sortie du docufiction sur Marie-Antoinette (aucun lien avec le film de Sofia Coppola). «C'est à la fois pour sa maturité et pour sa jeunesse qu'on a choisi Karine, explique Francis Leclerc, puisque que nous couvrons la période où le personnage est âgé de 16 à 38 ans.»

«Marie-Antoinette n'était pas une femme qui m'attirait tant que ça, affirme la comédienne à propos de la dernière reine de France. J'avais en tête l'image d'une souveraine qui se foutait carrément de son peuple. Mais ce n'était pas le cas. La réalité, c'est qu'elle était coupée du monde; on ne la mettait pas au courant de ce qui se passait.» Partagerait-elle des traits de caractère avec «l'Autrichienne»? «Oui, d'une certaine façon. C'était une fille pleine de vie, qui voulait s'amuser. Mais s'il n'en avait tenu qu'à elle, il n'y aurait pas eu autant de différences entre les riches et les pauvres à son époque...»

Si Karine Vanasse prend sa retraite à 65 ans, comme le commun des mortels, cela signifie qu'il lui reste encore 43 ans de carrière devant elle... Soit bien des années pour réfléchir sur les inégalités sociales, et apprendre encore deux ou trois trucs du métier. Car elle a beau être Miss Parfaite, une pro de la réplique, une experte de l'émotion sentie, il lui arrive souvent de douter... malgré son apparente assurance. «Encore aujourd'hui, quand le réalisateur crie “action!”, je ne sais pas si ça va marcher, avoue-t-elle. Le coeur me serre toujours, et je trouve que c'est bon signe.»
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