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François Létourneau: la revanche d'un nerd

Il était destiné à une carrière universitaire, mais il a choisi le théâtre. Il est brillant, bollé même, selon ses copains, mais les personnages qu'il joue sont souvent des crétins. Son imaginaire est peuplé de putes et de marginaux, mais dans la vie, il n'y a pas plus straight que lui. Que le vrai François Létourneau se lève!

Par
Danielle Stanton
(3 personnes)
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Un élève prodige
En 1996, à la fin de son bac en sciences politiques à l'Université Laval, il décrochait une médaille du Gouverneur général pour l'excellence de son dossier académique et une bourse pour rédiger sa maîtrise sur l'héritage politique du philosophe Jean-Jacques Rousseau, père du magistral ouvrage Du contrat social. «Je tripais fort sur lui.»

Le jeune homme aurait pu, comme ses parents, devenir professeur, ou épouser une honnête profession comme l'a fait son unique soeur, actuaire. «J'étais promis à un bel avenir», dit-il avec son sourire tranquille. Il a donc plutôt choisi de quitter sa ville natale, Québec, et un futur d'intellectuel pour aller vers ce qu'il aimait: le théâtre. «Je n'ai jamais regretté mon choix ni mes études universitaires. La rigueur et la discipline que j'ai acquises durant ces années me servent maintenant autant que le bagage accumulé au Conservatoire d'art dramatique», d'où il est sorti diplômé en 1999.

Du théâtre, il en faisait en amateur au cégep de Sainte-Foy. C'est d'ailleurs là qu'il a connu Patrice Robitaille. «Je le trouvais bon, il me trouvait bon. Disons-le, nous étions en compétition!» Depuis, entre eux, c'est à la vie à la mort. «Patrice est plus “groundé” que moi; il m'aide à me débrouiller au quotidien, par exemple pour dénicher un agent ou un comptable.

C'est le frère que je n'ai pas eu», dit-il avec douceur. Parmi les autres êtres qui lui sont chers, il nomme sa blonde, Marie-Hélène, «capable de me laisser donner libre cours à mes fantasmes d'écriture sans “freaker”»; sa grand-mère Cécile, 88 ans, «tellement forte, curieuse, active; c'est la femme que j'admire le plus»; et aussi sa mère, qu'il évoquera plusieurs fois durant l'entrevue. «J'ai grandi dans un univers de femmes, et je suis bien en leur compagnie», dit le comédien, qui affirme aussi être très touché par Clémence DesRochers «parce qu'elle est drôle, sensible et qu'elle a écrit des chansons magnifiques».

Écrire, justement, est la passion, l'obsession de François Létourneau. Il devait collaborer à l'adaptation cinématographique du livre Putain, de Nelly Arcan. «J'ai finalement dû me retirer du projet par manque de temps», se contente-t-il de dire. Il envisage de pondre une autre pièce de théâtre, puis un scénario de film, «original cette fois». Et un roman, peut-être. «Chose certaine, ce ne sera pas un thriller politique! Ce qui m'intéresse, c'est de creuser les relations humaines.» Un roman d'amour, alors? Il plisse le nez. «Mmmm... je n'aime pas tellement la sentimentalité. Ou alors, j'inventerai une histoire d'amour trrrrrès tordue!» Ça, on l'aurait parié.

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