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François Létourneau: la revanche d'un nerd

Il était destiné à une carrière universitaire, mais il a choisi le théâtre. Il est brillant, bollé même, selon ses copains, mais les personnages qu'il joue sont souvent des crétins. Son imaginaire est peuplé de putes et de marginaux, mais dans la vie, il n'y a pas plus straight que lui. Que le vrai François Létourneau se lève!

Par
Danielle Stanton
(3 personnes)
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Sang, sexe et humour noir
Le méchant, c'est le mot. Si le grand public a découvert Létourneau dans le film Québec-Montréal, de Trogi – où il jouait un autre joli moineau –, l'auteur, lui, a beaucoup écrit pour le théâtre: Stampede, Texas, Mort à San Fernando et, bien sûr, Cheech ou Les hommes de Chrysler sont en ville, la révélation de la saison théâtrale 2003. Le tout en mode plutôt rock and roll, et assez capoté merci: les univers létourniens sont noirs, violents et d'une sexualité brute.

«J'ai beau pondre des comédies, quand je me mets à l'écriture, trois thèmes refont surface: le mensonge, le désir sexuel, la solitude. Et quand j'écris, mon feeling de base est toujours un sentiment de tristesse. J'ignore d'où il vient... mais il est là.»

L'auteur sait en revanche pourquoi il aime montrer des gens qui ont de vrais défauts et qui se débattent contre la vie. «Les affaires sucrées ne me disent rien.» Lucide? «Non, c'est trop prétentieux. Allons-y pour réaliste.»

Cheech est un modèle du genre: salé et amer à souhait. Du sang, du sexe, de l'humour très noir et beaucoup de tragédie humaine. «Un heureux mélange des frères Cohen, de Chaplin et de Shakespeare», résume Patrice Sauvé (La vie la vie), le réalisateur du film qui met aussi en vedette Patrice Robitaille, Fanny Mallette et Maxime Denommée. «Des comédiens géniaux et, en plus, ce sont mes amis, précise Létourneau. J'ai de la chance.»

S'il est difficile de penser aux personnages de Cheech et à ceux des Invincibles autrement qu'en termes de victimes ou de losers, leur géniteur, lui, n'a rien d'un perdant. «Le travail est une de mes grandes valeurs, affirme Létourneau. J'ai toujours bossé. Quand j'étais jeune, mes parents trouvaient même que j'étudiais trop! J'ai un côté “légèrement” obsessif-compulsif.»

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