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Élisapie Isaac, l'étoile polaire

Chanteuse et parolière du duo Taima, cinéaste et documentariste engagée, Élisapie Isaac est une lueur d'espoir pour les Inuits. Rencontre sous de hautes latitudes.

Par
Gary Lawrence
(18 personnes)
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Élisapie Isaac, l'étoile polaire

La première fois que je l'ai entendue, sur la pièce Ilunnut, je lui ai dit que sa voix était si fine qu'elle s'était immiscée sous ma peau, mais qu'elle était si douce que je n'avais jamais eu mal. «Justement, Ilunnut veut dire “À l'intérieur de toi”», m'avait alors répondu Élisapie Isaac.

À la limite, la chanteuse du duo Taima pourrait se passer d'écrire des paroles tant sa voix traduit à elle seule les émotions. En fait, quand cette Beth Gibbons boréale chante en inuktitut – la langue des Inuits –, elle donne l'impression d'employer un langage imaginaire, à la manière de Jorane ou du groupe islandais Sigur Rós. Or, les mots lui sont chers et nécessaires pour exulter, s'exalter ou traiter des thèmes qui lui tiennent à coeur: l'amour, le désir charnel, les voyages, mais aussi le déracinement, le mal-être autochtone...

Attachante dès le premier contact, naturelle et éminemment authentique, Élisapie se révèle par petites bribes, emmitouflée derrière l'écharpe de sa timidité, mystérieuse avec son visage tavelé de flocons roux hérités de son père terre-neuvien. Mais qu'on ne s'y trompe pas: ses yeux en forme d'horizon polaire, ses cheveux lisses comme de la glace et son regard embué de mélancolie lui viennent de la toundra subarctique, sa patrie originelle où elle fait désormais figure d'exemple à suivre et... à écouter. >

Une enfant du Nunavik
Née à Salluit, petit village de 1200 âmes dans le détroit d'Hudson, Élisapie arrive à Montréal en 1999 pour étudier en communication. Son but: devenir journaliste, ce qu'elle réussit bientôt dans le cadre du documentaire Peoples of the Circumpolar, qui lui permet de voyager et d'interviewer les citoyens de plusieurs pays nordiques. L'expérience lui donne de l'aplomb et met provisoirement entre parenthèses sa vie dans la métropole... qu'elle ne comprend pas toujours. «Quand je marchais sur l'avenue du Mont-Royal, je me sentais si différente!» raconte-t-elle.

À l'époque, la jeune Inuk* doit composer avec tous les préjugés, toujours indéracinables, rattachés à son peuple. «Oui, nous souffrons; oui, notre culture a changé très vite; oui, il y a beaucoup de suicides et de misère mais, en même temps, les Blancs ne font rien pour nous comprendre, alors que l'inverse n'est pas vrai.»

Dans sa nouvelle vie urbaine, c'est sa rencontre avec Alain Auger, son partenaire dans Taima, qui a été déterminante. La suite est connue: en 2005, le duo remporte le Juno du meilleur album autochtone (après s'être produit un peu partout en Europe), puis Élisapie écrit et interprète en inuktitut les paroles de la trame sonore du film La planète blanche, signée Bruno Coulais (Microcosmos, Le peuple migrateur, Les choristes).

Présentement, elle planche sur un deuxième album avec son partenaire Auger, et si elle continue de révérer Neil Young, Johnny Cash, la chanteuse Eleni Mandell et le country-folk en général, ses intérêts évoluent. Elle absorbe tout ce que produit le Québec, admire le dernier Fredric Gary Comeau et découvre la chanson française, à commencer par Aznavour et Ferré.

Photo: Carl Lessard

COMMENTAIRES.

  • Claudette Paré
    Published:
    2010-07-13 10:18 AM

    Bravo Élisapie je suis entrain d'écouter les Kiwis et les hommes je te trouve rayonnante et tu donnes beaucoup d'espoir à ton peuple pendant 5 ans j'ai travaillé dans les villages du Nunavik vous êtes un peuple admirable vous devriez être plus respecté par nous les blancs, j'ai remarqué que vous êtes entrain de plus protèger vos coutumes et tant mieux BONNE CHANCE ÉLISAPIE TU ES FORMIDABLE
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