Depuis Les Bougon, Antoine Bertrand promène son auguste silhouette tant au cinéma et au théâtre que dans les meilleures séries télé. Gros plan sur ses coups de gueule, ses moments durs et... son sex-appeal.
Pagination
- 1
- 2
Une arme redoutable
À la vue des éphèbes rachitiques qui présentaient la dernière collection automne-hiver du designer Philippe Dubuc, a-t-il l'impression que les gars seront bientôt pris au piège, eux aussi? «Non, affirme le comédien. Un gars qui aime une chemise trop petite pour lui ne se fera jamais vomir pour entrer dedans. Il va faire comme moi: aller chez Moores, choisir une taille 18 et demi qui va “fitter”, c'est tout.»
Quand même. Si les filles veulent être minces, c'est notamment pour plaire aux mecs, non? «Un instant, rétorque Antoine. Si le regard d'un homme, en général, va d'abord s'attarder sur la fille à taille fine et à gros seins, il va ensuite autant s'intéresser à la fille plus dodue qui a de l'humour et de la répartie. À condition qu'elle ait confiance en elle. Personnellement, j'ai des amies très rondes qui n'ont aucun problème. Pourquoi? Parce qu'elles se sentent sexys. C'est une arme redoutable.»
Il admet cependant que les femmes sont en général moins exigeantes que les hommes en ce qui a trait au physique. «Sécurité, honnêteté et sens de l'humour: un gars capable d'offrir ça à une fille peut aller pas mal loin. Peu de femmes résistent à ce trio.»
Dans son propre cas, Antoine ne s'illusionne pas: passer à la télé ajoute à ses charmes naturels auprès de la gent féminine. «Qu'on me prenne tel quel dans le métier m'a également beaucoup aidé. Tous les gros du monde n'ont pas cette chance...»
Silence. Sur ses lèvres, plus aucune trace de sourire. Des moments durs, le comédien en a eu sa part, lui aussi. «Grandir dans la ouate ne met pas à l'abri de la souffrance morale. À l'adolescence, tout nous blesse, laisse-t-il tomber sans élaborer. Comme plusieurs, j'ai eu des périodes noires. Le désespoir, je connais.»
Antoine Bertrand est d'ailleurs le porte-parole de l'organisme Réseau Ado, qui s'occupe de prévention du suicide dans les écoles. «Je suis tellement content aujourd'hui de ne pas être passé à l'acte. Je dis aux jeunes: “Faites confiance à l'avenir.”»
Louis Cyr, ce héros
Pour ce qui est de son futur à lui, il s'annonce très bien merci. On le verra bientôt au cinéma dans Borderline, aux côtés d'Isbelle Blais, dans Ce qu'il faut pour vivre, de Benoît Pilon, d'après un scénario de Bernard Émond (Contre toute espérance), et dans Babine, le deuxième film de Luc Picard, inspiré d'un conte de Fred Pellerin. Il sera également sur scène pour la tournée de la pièce Le baiser de la veuve, d'Israël Horovitz, présentée l'automne 2007 à Montréal, «et dans un truc très cool dont je ne peux pas parler pour l'instant», confie l'acteur.
Le film sur le légendaire Louis Cyr – dont il tiendrait le rôle-titre – devrait aussi voir le jour. «J'espère tellement que ce projet débloquera! Le Québec se cherche des héros, et lui, c'en est tout un», dit-il à propos de ce hercule pure laine, encore considéré comme l'homme le plus fort de tous les temps.
Antoine mijote enfin un one man show «qui traiterait de sport, de religion, d'art et de politique». Pourvu qu'il joue, tout l'intéresse. «Mais mettons que ce serait étonnant qu'on me propose un jour le rôle de Don Juan.» Il se tait, puis laisse tomber doucement, en regardant quelque part au loin: «Dommage, ça me plairait bien...»
S'il se sent des affinités avec le comédien français Michel Blanc (Les bronzés, Tenue de soirée), «qui n'a pas une tête de jeune premier mais fait merveille comme antihéros», c'est le défunt comique américain John Candy (Planes, Trains and Automobiles, Spaceballs) qu'il considère comme son alter ego. Pour son physique corpulent, bien sûr, mais pas seulement... «Candy a toujours incarné des clowns baveux mais tellement vulnérables, tellement tragiques. Moi aussi, j'ai choisi cette voie. Je tiens à ce que les spectateurs ressentent le tragique de mes personnages, peu importe s'ils comprennent ou pas d'où leur douleur émane. Les gens se reconnaissent dans cette fragilité, cette cassure. Et ça leur fait du bien.»
Touché: le vrai pouvoir de séduction d'Antoine Bertrand, c'est exactement là qu'il se cache.
Photo: Bordeline/ TVA Film




