Christine change de vie lorsqu’elle tombe amoureuse d’Elliott, un écolo pas rigolo.
Le tournant amoureux... et écolo
Nous nous sommes attardés au resto jusqu'à l'heure de la fermeture avant de faire une longue promenade dans son quartier, près du marché Jean-Talon. Il m'a ensuite invitée chez lui, dans le loft qu'il avait lui-même entièrement réalisé avec des matériaux de récupération. Normal, le bel Elliott était entrepreneur en construction écologique - un métier dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Chez lui, il y avait du bois, du béton et d'immenses fenêtres; des plantes partout, mais pas de télé ni de micro-ondes; une douche mais pas de baignoire; quelques meubles recyclés, un matelas en latex écologique et des tonnes de bougies en cire d'abeille. Un peu austère, mais si dépaysant! Je me serais crue dans le temple du dieu de l'écologie. J'aurais dû me méfier d'une telle quête de la perfection. Mais j'étais déjà folle de lui.
Malgré nos grandes différences, nous sommes rapidement tombés dans les bras l'un de l'autre et nous ne nous sommes plus quittés. Nous nous voyions tous les jours et dormions chez lui toutes les nuits, matériaux «toxiques» de ma maison obligent. J'avais tant à apprendre de lui sur la vie en vert. Bien sûr, comme à peu près tout le monde, je recyclais déjà, j'évitais de prendre ma voiture pour aller au club vidéo et je limitais ma consommation d'eau. Mais plus Elliott me sensibilisait aux dangers qui menaçaient l'environnement, plus je prenais le virage écolo.
La complice « écolo » idéale
Résultat: en moins de six mois, j'ai vendu ma voiture, je me suis mise à recycler absolument tout et j'ai appris à faire mon propre compost. Moi qui ne jurais que par un bon steak pour me donner de l'énergie, j'ai cessé de manger de la viande rouge et je me suis mise à acheter des produits locaux et équitables, quitte à dépenser davantage au marché. J'ai même arrêté de fumer ma petite cigarette occasionnelle. Si bien que mon frère, déconcerté par ce changement de vie radical, m'a surnommée la «nouvelle Laure Waridel»! Ce qui flattait mon égo malgré le brin d'ironie de l'allusion.
Quant à mes amis, que ma conversion faisait un peu rigoler, ils ne se gênaient pas pour me demander si j'étais entrée en religion... Seule ma copine Maryse m'a prise à part pour m'avouer ses craintes à propos de l'influence d'Elliott sur moi. Mais je me suis dit qu'«un jour elle aussi comprendrait l'urgence d'agir pour sauver la planète».




