Originaire de Lausanne, en Suisse, ce botaniste de formation succède à Jean-Paul Guerlain comme parfumeur exclusif de la maison parisienne. Rencontre avec un créateur au parcours olfactif éclectique.
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Quelle a été votre première rencontre avec le parfum?
Ç'a été une rencontre un peu égoïste. C'est un parfum qu'on m'a offert à l'âge de 13 ou 14 ans et auquel je suis fidèle depuis: Habit rouge, de Guerlain.
Comment définiriez-vous votre style?
Si je devais répondre à cette question sous la torture, je dirais que j'ai un style extrêmement changeant et plutôt versatile, et par conséquent, indéfinissable! (rires)
La matière première qui vous inspire le plus?
Ça évolue constamment, comme les goûts. Il y a une dizaine d'années, j'étais dans un univers olfactif beaucoup plus abstrait et plus minéral alors que maintenant j'adore les fleurs, la rose en particulier.
Le défi est de créer un grand classique intemporel, mais, malheureusement, ce n'est pas ce que le marché demande actuellement. Les consommateurs sont avides de nouveauté et de moins en moins fidèles à leur parfum.
La fragrance que vous auriez aimé créer?
Mitsouko, de Guerlain, parce qu'elle a été pensée de façon audacieuse, nouvelle et profondément cultivée, ce qui manque parfois, de nos jours, en parfumerie.
Une odeur qui vous émeut?
Il y a des odeurs qui évoquent pour moi des souvenirs particuliers, comme Cuir de Russie, de Chanel, ou Pour un homme, de Caron. Elles me rappellent des gens qui ne sont plus parmi nous et ça me touche beaucoup.
Quel parfum portez-vous?
J'alterne entre Habit rouge et Vetiver, tous deux de Guerlain. Je suis aussi le cobaye des parfums sur lesquels je travaille, qu'ils soient masculins ou féminins. Dans les nouveautés, j'aime beaucoup Terre d'Hermès.
Comment percevez-vous la parfumerie de demain?
J'ose espérer que les attentes des consommateurs vont changer. De la frénésie et de la boulimie d'aujourd'hui, j'espère qu'on reviendra à des parfums qu'on garde comme une signature olfactive.
Photo: Guerlain




