Un sourire rayonnant, des yeux couleur des mers du Sud, un rire contagieux et une désarmante simplicité... Il n'en fallait pas plus pour plonger dans l'univers de cette superbe comédienne et de parler beauté.
Que représente la beauté, pour vous?
Un rituel propre à l'univers féminin. La beauté d'un homme ne me touche pas vraiment; à l'inverse, voir une belle fille m'enchante. Pour moi, la beauté évoque quelque chose de communautaire, comme dans certains pays du Sud. En Occident, l'approche est plus individualiste, plus clinique. La preuve? Nos esthéticiennes sont souvent habillées comme des médecins.
En tant que comédienne, trouvez-vous difficile de vivre à travers le regard des autres?
Je n'ai pas cette impression-là. D'ailleurs, en général, les gens sont très respectueux. Évidemment, il m'arrive parfois de me sentir plus fragile mais, la plupart du temps, je ne me soucie pas trop de ce que les autres vont penser. Je peux sortir de chez moi en pyjama – et là, je fais vraiment dur! (rires) Ou alors je m'habille très chic, juste parce que j'ai envie de mettre ma nouvelle robe, même si c'est seulement pour aller manger un hot-dog! Ces deux aspects-là cohabitent parfaitement en moi.
Qu'est-ce qui vous fait vous sentir belle?
Vous voulez dire à part le cache-cernes? (rires) Pour moi, le fait de gravir le Mont-Royal à vélo sans trop d'effort, c'est grisant: je transpire, mes muscles sont endoloris, j'ai soif... Une fois rendue en haut, je ne suis peut-être pas super cute, mais je me sens bien. Et je suis fière que mon corps me permette d'accomplir ça.
C'est un choix très personnel. Pour ma part, j'avoue que je ne suis pas outrée par le recours au scalpel et aux aiguilles, même si je ne souhaite pas en arriver là. En même temps, la beauté, c'est plein de petits mensonges. Se teindre les cheveux, par exemple, c'est déjà un mensonge. Alors pourquoi la chirurgie serait-elle plus choquante? D'un autre côté, un visage figé au Botox ou «repulpé» au Restylane, je trouve que ça reflète quelque chose de triste. Je ne voudrais pas transformer mon visage à ce point-là.
Photo: Carl Lessard







