Rencontre avec le parfumeur new-yorkais Christopher Brosius, créateur de la ligne de fragrances I Hate Perfume.
5 QUESTIONS À CHRISTOPHER BROSIUS
Quand on les interroge sur leur sillage, certains clients répondent «I hate perfume». Normal, c'est le nom hyper provocateur qu'a choisi le parfumeur autodidacte new-yorkais Christopher Brosius pour sa maison, qu'il a lancée en 2004. Rencontre avec un nez créatif à la boutique Commissaires, qui propose depuis peu ses créations mi-fragrances, mi-objets d'art.
Pourquoi avoir choisi le nom I Hate Perfume?
Pour exprimer ma position par rapport aux jus banals qui inondent le marché, mais aussi pour piquer la curiosité.
Qu'est-ce qu'un bon parfum?
C'est très personnel et ça n'a rien à voir avec le prix ou la finesse des accords. On sait qu'un lien existe entre la mémoire et les odeurs. Un bon parfum éveille des émotions agréables chez la personne qui le porte.
En quoi vos fragrances sont-elles inédites?
Elles ne sont ni masculines ni féminines. Elles superposent des matières traditionnelles de première qualité (jasmin, bois de cèdre) à des effluves décalés (laine mouillée, vernis pour le bois). Ce sont ces senteurs un rien déplaisantes qui rendent mes compositions si vraies. Rien n'est plus artificiel qu'une création trop jolie.
Vos inspirations?
Certains mélanges évoquent des souvenirs heureux (At the Beach 1966), d'autres rappellent des lieux aimés (In the Library), subliment des matières premières (Tea/Rose) ou revisitent de grandes périodes de l'histoire (Patchouli Empire).
Votre jus préféré?
Celui que je n'ai pas encore créé. Quand je l'aurai achevé, il sera temps de prendre ma retraite. (www.cbihateperfume.com)
Andrée-Anne Léonard




