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Rencontre avec Lupita Nyong’o et Saoirse Ronan: égéries du parfum Women de Calvin Klein

Rencontre avec Lupita Nyong’o et Saoirse Ronan: égéries du parfum Women de Calvin Klein


 
Photographe : Anne Collier

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Rencontre avec Lupita Nyong’o et Saoirse Ronan: égéries du parfum Women de Calvin Klein

Women, la première fragrance de Calvin Klein lancée sous le règne du designer Raf Simons, est une célébration de la féminité dans toute sa pluralité. Pas étonnant que Lupita Nyong’o et Saoirse Ronan, deux des actrices les plus respectées mondialement pour leurs choix de rôles riches et puissants, aient été choisies comme égéries de ce floral boisé. On leur a proposé de s’interviewer l’une l’autre. Résumé de leur entretien 100 % féminin.

Lupita Nyong’o «Qui commence?»

Saoirse Ronan «Vas-y, je t’en prie.»

LN «D’accord! Alors... Dis-moi, Saoirse, comment as-tu réagi quand Calvin Klein t’a approchée pour jouer dans la campagne publicitaire de Women

SR «Bonne question, Lupita! Merci de me la poser (rires). J’étais enchantée de collaborer avec une marque chère à mon cœur, avec laquelle j’entre- tiens, pour ainsi dire, une véritable relation, puisque nous avons passé beaucoup de temps ensemble quand la griffe a conçu deux des robes que j’ai portées aux Oscars. Raf Simons, qui est un être brillant et charmant, insuffle fraîcheur et nouveauté à la griffe. Pour preuve: il a choisi de célébrer et d’acclamer la femme dans sa première fragrance! Le fait de prendre part à cet admirable projet me fait en quelque sorte entrer dans la famille Klein. Et ça me ravit!»

 

 

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LN «Dans cette campagne publicitaire, la marque a souhaité que nous mettions de l'avant des icônes féminines qui nous inspirent. Tu as choisi Nina Simone et Sissy Spacek. Pourquoi?»

SR «À cause de mon papa, j'ai été bercée – depuis ma plus tendre enfance –  par la musique de Nina Simone. Au volant de sa voiture, quand nous partions en vacances l'été, mon père faisait jouer ses chansons. Sinnerman, en particulier. Le voir à ce point admiratif du talent de Nina me donnait des frissons à chaque écoute... C’était contagieux! Quant à Sissy, toutes les fois où je la vois à l’écran, je suis fascinée par sa façon de donner vie aux personnages qu’elle campe. Elle est toujours belle et bouleversante, mais garde une réelle innocence dans son regard, ce qui contraste avec ses rôles pourtant si graves. Tu as, pour ta part, arrêté tes choix sur Katharine Hepburn et Eartha Kitt. Quelles ont été leurs plus grandes performances à tes yeux?»

LN «J’ai l’impression d’être encore en mode exploratoire, tant leurs carrières sont riches... Il faut dire que j’ai grandi au Kenya, où l’accès à toute forme de divertissement était limité et archicontrôlé. Ce n’est donc que dans la vingtaine que j’ai entendu parler d’Eartha et de Katharine pour la première fois, et que j’ai été informée de leurs actions sociales. Katharine a insisté pour porter le pantalon, dans les années 1930, alors que c’était considéré comme un crime. Elle a d’ailleurs fait dudit pantalon sa pièce signature, en l’arborant à la fois de façon affirmée et sensuelle. À l’époque, c’était un geste rebelle et révolutionnaire! Toute la garde-robe féminine était alors synonyme de restriction et d’inconfort. Katharine a, pour ainsi dire, libéré les femmes de ces contraintes. Quant à Eartha, elle a bousculé l’ordre établi. Elle a pris la parole au nom des jeunes, en insistant sur les torts que leur causait la guerre du Vietnam. Ses prises de position ont mis sa carrière en péril pendant une bonne décennie, mais elle fait aujourd’hui partie de celles qui peuvent se targuer d’avoir écrit l’Histoire. Ce que j’admire chez ces deux femmes, ce sont leur ténacité et leur incroyable talent.»

 

 

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SR «Elles n’avaient pas froid aux yeux!»

LN «C’est le moins qu’on puisse dire. Et toi, y a-t-il une réalisation professionnelle dont tu es particulièrement fière?»

SR «Brooklyn me remplit de fierté. L’histoire de ce film rejoint tant de gens – tous les immigrants, en somme. Et il me touche personnellement puisque ça retrace, en quelque sorte, le parcours de mes parents, qui ont quitté l’Irlande pour venir s’installer à New York. Ce fut un honneur d’y jouer. Je suis aussi fière de Lady Bird à cause de son impact, sur les filles en particulier. Il a permis à tant de jeunes de s’accepter et d’oser enfin foncer. Voir, sur grand écran, un personnage se questionner et se tromper, c’est la chose la plus motivante du monde. Ça me rappelle d’ailleurs la télésérie Girls, qui a vraiment résonné en moi. En la visionnant, je me suis sentie comprise pour la première fois de ma vie: rien, dans cette histoire, n’était parfait. Et c’était très bien ainsi! Ça me fait penser... La perspective de succès d’un film pèse-t-elle dans la balance quand tu choisis un rôle qui t’est proposé?»

 

 

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LN «Non. Je choisis mes rôles au feeling, en écoutant ma petite voix intérieure. Si, après avoir lu un scénario, j’ai envie de voir le film, je suis plus encline à vouloir faire partie de sa distribution. Il faut que j’aie le goût de me faire raconter cette histoire-là. Car quand on prend part à une production cinématographique, on y met beaucoup de temps, d’effort, d’énergie et de cœur. Il faut donc être immensément intéressée par ce mandat, autrement ça devient une corvée, presque une punition. Je suis attirée par les personnages qui me touchent et dont je comprends les aspirations profondes. Mais à l’opposé, je suis également intriguée par les rôles mystérieux, dont j’ai envie de révéler la face cachée. En somme, pour plonger, il faut que je me sente interpelée par un personnage, mais qu’il m’effraie aussi un peu. Voilà une fichue de bonne motivation! Et toi?»

SR «C’est bien d’être un tantinet déstabilisée. Je pense que la peur émerge quand on ne sait pas par quel bout prendre un personnage... Ou quand on n’a pas assez creusé un certain aspect de notre personnalité et que ce rôle nous pousse dans une sorte d’abyme. Mais de cette crainte naît une meilleure connaissance de soi, de ce qu’on veut et de ce qu’on aime. Je suis d’avis que les personnages que j’ai incarnés m’ont aidée à grandir et à mieux me comprendre. Parce qu’on finit par connaître ces derniers si intimement qu’ils prennent vie et nous inspirent, comme s’il s’agissait de vraies personnes.»

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Women, de Calvin Klein (92 $ les 50 ml d’eau de parfum). Photographe: Geoffrey Ross

Ce jus a été orchestré à quatre mains, par deux nez féminins: Annick Ménardo et Honorine Blanc. Le voulant comparable à aucun autre sur le marché, elles y ont glissé des matières premières que tout tend pourtant à opposer: de l’eucalyptus, de la fleur d’oranger et du cèdre d’Alaska. Une composition étonnante, mais ô combien charmante! 

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