À notre demande, notre journaliste épicurien a accepté de se priver de vin pendant un mois. L'expérience a-t-elle été bénéfique pour sa santé? Il nous raconte les hauts et les bas de son jeûne.
Un verre de vin, c'est bien; deux, c'est mieux. Zéro, c'est pas beau. Fermée, la porte du cellier. Interdites, les visites à la SAQ. Opportuniste, mon affection soudaine pour les bières importées. Tout aussi soudaine, mon animosité envers les rosbifs et les gigots. Et ma tendresse pour St-Hubert et le fastfood.
Bref, pour moi qui aime suspendre un moment le film d'une vie qui défile trop vite avec un rouge bien charpenté ou un blanc minéral, ce mois sans vin tenait du plus cruel carême. Retour sur les jours malheureux d'un heureux pécheur.
La dernière cène
La veille de mon jeûne (un samedi), j'ai apprivoisé cette petite mort imposée par un souper gargantuesque dans mon restaurant préféré, Joe Beef. Au menu: huîtres assorties, oeuf en pot, côtes levées accompagnées d'un cabernet sauvignon américain trop cher pour mes moyens, le Bergevin Lane 86, dont j'espérais que la longueur en bouche me durerait un mois. C'est beau rêver...
Le jour du Seigneur
Dimanche est chez moi dédié à la popote. J'en consacre une partie à mitonner les plats de la semaine. D'ordinaire, je me récompense à l'apéro, puis au repas, avec une bonne bouteille sortie de mon petit cellier. En ce premier soir de privations, je ne ris pas. Mon chum laisse les deux tiers du rouge qu'il s'est ouvert. Je suis à l'eau, au bord des larmes. Déjà.




