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Un bébé à 35 ans, ça change quoi?

Vivre une grossesse tardive, oui, c'est possible. À quel prix et dans quelles conditions? Le point en huit questions sur une tendance de plus en plus lourde.

Un bébé à 35 ans, ça change quoi?

1. À cet âge, nos chances de concevoir sont-elles réduites?
Normalement, la fertilité, c'est comme une loterie. Plus on joue, plus on a de chances de tomber enceinte. Mais à partir de 30 ans, c'est une autre histoire. En effet, le taux de fertilité de la femme commence alors à décroître. Pourquoi? À cause de nos ovules, qui diminuent considérablement en qualité et en quantité, quand on vieillit. Résultat: les chances de tomber enceinte sont estimées à 20 % par mois à 25 ans, à 12 % à 35 ans, à 6 % à 40 ans, et avoisinent 0 % à 45 ans. En clair, plus on tarde, plus on risque d'avoir des problèmes de conception. À partir de quand devrait-on consulter? «Dès 35 ans, on n'hésite pas à rencontrer son médecin après six mois d'essais infructueux», recommande la Dre Andrée Sansregret, gynécologue-obstétricienne au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine.

2. Le risque de faire une fausse couche est-il plus élevé?
Durant les trois premiers mois de la grossesse, le taux de fausses couches est d'environ 15 % chez les jeunes femmes de 20 ans. À partir de 35 ans, il grimpe à 25 %, et à 40 ans, il atteint les 50 %! À quoi faut-il attribuer ces avortements spontanés? «Au développement d'anomalies génétiques. Elle sont plus fréquentes lorsqu'on vieillit et représentent la principale cause des fausses couches», précise la Dre Andrée Sansregret.


3. Quels sont les risques d'avoir un enfant avec une anomalie chromosomique?
Même si l'éventualité d'avoir un enfant atteint d'une anomalie chromosomique est relativement faible – autour de 1 % –, elle inquiète la plupart des futures mères. Et pour cause: «toutes les anomalies des chromosomes, dont la plus connue est la trisomie 21, augmentent avec l'âge et plus particulièrement à partir de la quarantaine», souligne la Dre Sansregret.

Deux techniques permettent de déceler ces anomalies. D'abord, le dépistage prénatal, effectué à la 12e semaine de grossesse, qui compare notre âge aux résultats d'une analyse de sang et d'une échographie. Le but: établir notre profil de risque, c'est-à-dire la probabilité que le bébé soit atteint de trisomie 21, par exemple. «La fiabilité du dépistage prénatal est de 85 % à 90 %», note la gynécologue-obstétricienne. Le coût: entre 250 $ et 400 $, remboursés par certaines compagnies d'assurances. Ensuite, selon les résultats obtenus, on décide de subir ou non une amniocentèse, l'autre forme de dépistage, qui permet un diagnostic sûr à 100 % mais qui présente un risque de fausse couche non négligeable (de 1 sur 200 à 1 sur 400). L'amniocentèse est offerte gratuitement aux femmes de 35 ans et plus.

4. Les grossesses tardives requièrent-elles une surveillance plus étroite?
«Absolument. Les risques pour la santé de la mère et celle de l'enfant étant plus élevés à partir de 35 ans, le suivi médical est particulièrement important», indique la Dre Sansregret. Mais qu'on se rassure: les progrès de l'obstétrique et la très grande vigilance des médecins font que la majorité de ces grossesses se déroulent normalement.

5. Quelles sont les complications d'une grossesse tardive?
Un diabète gestationnel et une hypertension artérielle peuvent affecter le cours de la grossesse. Toutefois, quand elles sont diagnostiquées et bien traitées dès le début, ces complications ne présentent généralement aucun danger pour la maman ni pour le bébé. Autres soucis d'une maternité après 35 ans: en plus des anomalies chromosomiques, des risques de saignements durant la grossesse, des problèmes reliés au placenta, des mal- formations congénitales, un accouchement prématuré, un bébé de plus petit poids. Pas de panique, cependant. «Tous ces risques sont évalués en fonction de la santé générale de la future mère, de ses antécédents familiaux et de son environnement», assure la spécialiste.

6. L'accouchement est-il plus difficile?
«L'accouchement est différent, explique la Dre Laura Goetzl dans son livre Avoir un enfant après 35 ans – De la conception à la naissance. Les femmes de plus de 35 ans ont généralement une maturité et un soutien plus important. Cependant, leur corps est moins résistant.» D'où l'importance de prendre bien soin de sa petite personne pendant la grossesse afin de mettre toutes les chances de son côté. On évite donc alcool et cigarettes, on adopte une alimentation saine et on fait de l'exercice pour garder la forme... sans oublier qu'à 35 ou 40 ans on est généralement plus vulnérable à la fatigue.

7. Les césariennes sont-elles plus fréquentes à cet âge?
«Absolument. Le risque de césarienne est de deux à trois fois plus élevé», souligne la Dre Sansregret. En fait, il est de 50 % s'il s'agit de notre première grossesse, et d'environ 20 % si on a déjà accouché par voie naturelle.

8. Est-ce vrai que les grossesses multiples sont plus fréquentes?
Donner naissance à des jumeaux ou à des triplés est en effet plus courant chez les futures mamans de plus de 35 ans. Les raisons? D'abord, ces femmes sont plus sujettes à produire plus d'un ovule par cycle; ensuite, elles font davantage appel à la procréation assistée. Le problème, c'est que «les grossesses multiples sont considérées à très haut risque pour la mère et pour le bébé, et toutes sont étroitement surveillées», explique la Dre Goetzl.

Des chiffres ronds!
  • Au Canada, comme aux États-Unis et en Europe, le nombre de grossesses après 5 ans a doublé depuis les 20 dernières années.
  • Au Québec, plus de 17 % des bébés nés en 2004 ont été portés par des femmes de plus de 35 ans.
  • Environ 40 % des Québécoises qui donnent naissance ont 30 ans et plus.

    Grossesse à la page
  • Avoir un enfant après 35 ans – De la conception à la naissance, de la Dre Laura Goetzl (Hurtubise HMH, 22 $).
  • Le bonheur d'être mère – La grossesse après 35 ans, du Pr Michel Tournaire (Odile Jacob, 43 $).


  • COMMENTAIRES

    • Elisabeth
      Published:
      2009-07-07 2:57 PM

      Ma mère ma eu à 36 ans et elle a eu mon plus jeune frère à 40 ans, les 2 par voie naturelle. Aujourd'hui, je pense au futur et j'aimerais avoir des enfant dans cette tranche d'âge, mais j'ai peur. Peut-être mes enfant connaîtront leurs parents que peu...
    • Steffany
      Published:
      2009-05-15 12:14 PM

      Ma mère a eu un petit garçon bien avant moi. Elle l'a perdu. Elle m'a eu à 38 ans et le seul problème causé, c'est notre grande différance d'âge qui est parfois un problème. Nous nous entendons bien, mais le fait d'avoir 38 ans de différence est une confrontation d'époque, puisqu'en 38 ans, bien des mentalités et des façons de faire ont changées...
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