Peut-on manger sans se priver et rester mince? Maigrir sans régime? Oui, affirment les auteures d'un nouveau livre sur l'alimentation. Démonstration.
La clé : respecter nos vrais besoins
Respecter nos vrais besoins: telle est la clé de cette méthode, qui a des adeptes aux États-Unis (pensons aux phénomènes suscités par The Best Life Diet, de Bob Greene, et Intuitive Eating), en France (avec le best-seller Maigrir sans régime, du Dr Jean-Philippe Zermati) et au Québec (avec l'organisme ÉquiLibre, qui prône l'adieu aux régimes).
En effet, expliquent les auteures, notre corps s'autorégule naturellement: il nous signale ses besoins par la faim et la satiété. Si on l'écoute, il se règle tout seul sur notre poids génétique; ce n'est peut-être pas celui de Kate Moss, mais c'est notre poids naturel, celui qui nous permet de manger de tout à notre faim, sans angoisse ni culpabilité. Par contre, si on affame notre corps, il s'adapte et se met en mode famine: il stocke alors l'énergie sous forme de graisse et dépense le moins de calories possible, en prévision des privations.
Il s'ensuit qu'à force de faire des régimes on finit par grossir, et on grossit d'autant plus qu'à force d'être affamée et frustrée on finit par se jeter sur la nourriture et engloutir des quantités largement supérieures à celles qui nous sont nécessaires.
En somme, manger sans avoir vraiment faim et continuer à manger quand on n'a plus faim conduisent tout droit à une prise de poids. «En revanche, un corps qui est nourri régulièrement et au gré de ses besoins ne craint plus la famine entraînée par les régimes et les frustrations; il n'a donc plus à stocker l'énergie inutilisée.»
Reconnaître ses besoins
En fait, la démarche antirégime consiste à se poser deux questions: «Ai-je faim?» et «Ai-je assez mangé?». Elles sont essentielles pour reconnaître les signes de la faim et de la satiété.
La chose a l'air simple comme ça, mais ce n'est pas une mince affaire de se réconcilier avec ses signes sensoriels, émoussés par la surabondance de tentations culinaires et la torture des privations.
Observez les enfants, nous conseillent les auteures; ils savent très bien quand commencer à manger et quand s'arrêter. Une fois devenu adulte, on se nourrit pour mille et une mauvaises raisons: parce qu'il est l'heure, parce qu'on est invité chez des amis, parce qu'il faut finir son assiette, parce qu'on s'ennuie, parce qu'on est stressés ou qu'on souffre d'angoisse, etc.
D'ailleurs, combien d'entre nous peuvent distinguer la faim véritable d'une fausse faim nourrie par l'ennui ou le stress? «Avoir envie de manger ne signifie pas nécessairement qu'on a faim», précise Guylaine Guevremont. Alors, comment différencier la vraie faim de l'autre? «Avoir faim n'a rien de subtil, explique la nutrionniste; ça éveille en nous le besoin pressant de manger des choses qui nous plaisent. Quant à la fausse faim, c'est celle qui nous pousse à nous gaver d'un litre de crème glacée pour calmer ses angoisses, ou à grignoter distraitement au cinéma même si on n'a pas faim. » Et le signe de satiété? «Il nous envoie le message qu'on a assez mangé. Soudainement, la sixième bouchée de gâteau au chocolat semble moins savoureuse que la première, et on se sent a gréablement rassasié.»
Aussi étonnant que ça puisse paraître, ce ne sont pas les aliments eux-mêmes qui font grossir – pas même les chips ni le chocolat –, mais plutôt l'abonnement aux régimes miracles. «À force de sauter d'un régime à un autre et de se priver, le corps est en rupture d'équilibre, fait remarquer Guylaine Guevremont.
Or, se priver, c'est risquer de déraper. L'approche antirégime nous libère du cercle vicieux je-me-prive-je-craque-je-me-sens-nulle-je-me-console-en-mangeant-trop-et-je-me-prive-à-nouveau. Ce que Marie-Claude Lortie confirme d'entrée de jeu dans sa préface: «On ne perdra jamais de poids à long terme si on ne respecte pas ses goûts et sa gourmandise. Le fait de les nier ne mène nulle part. C'est en renouant avec son appétit et en cessant d'avoir peur de sa gourmandise que l'on réalisera comment il est possible à la fois de manger avec plaisir et d'atteindre un poids qui nous plaît.»



