Santé et forme

Un mois avec… 5 minutes de méditation quotidienne

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Santé et forme

Un mois avec… 5 minutes de méditation quotidienne

Le Grand Vide intérieur

Il m'est déjà arrivé d'installer une minuterie sur le coin de mon bureau pour me rappeler de respirer (convenablement) toutes les cinq minutes. Une heure plus tard, ladite minuterie était retournée (garrochée) au fond d'un tiroir. Respirer? Trop exigeant, pas de temps à perdre! Vous l'aurez compris: l'énervée-anxieuse-à-tendance-obsessive-compulsive que je suis n'est pas dotée du bagage génétique requis pour s'adonner aux joies de la méditation.

Ralentir le rythme cardiaque, stimuler le système immunitaire, relaxer le corps: la méditation apporte pourtant des bienfaits infinis, dit-on, dont sa - non négligeable! - faculté d'apaiser les esprits. C'est vrai qu'instiller un peu de calme dans ma cervelle survoltée ne serait pas une mauvaise chose, après tout... Bon, OK, j'accepte de faire une dalaï-lama de moi-même et de relever le défi: méditer chaque jour cinq minutes durant un mois. Ayoye!

Méditer, ça semble simple comme ça, au premier abord. Même si j'avais essayé quelques fois sans succès, je me disais que franchement, mettre sa pensée à off, tout le monde peut y parvenir, non? (Certains y arrivent même non-stop, mais on ne donnera pas de noms.) En plus, c'est tèèèèèllement tendance: Jennifer Aniston, Charlotte Rampling, David Lynch, Richard Gere, tout le gotha médite, paraît-il. Vous-même, vous avez peut-être déjà tenté le coup. Oui? Et vous y êtes parvenue? Ah. Eh bien moi, j'aurais trouvé nettement plus aisé de grimper l'Everest. À reculons. Alors donc, le mois commence. Hop, je me lance! Faux. Je ne me lance pas pantoute: trop de travail, trop de courses, trop d'Un souper presque parfait. Trop chicken, quoi! Je mets trois jours à me décider. Le quatrième, un, deux, trois, go: je plonge.

 

 

Me voilà assise par terre en tailleur. Sans ordi. Sans iPod. Sans stimulus aucun. Que le silence. Aoummmm... Ahhhhhh! Panique à bord. On se calme, Danielle: l'objectif est de tenir cinq minutes. Cinq mi-nu-tes: ce n'est quand même pas la mort d'une femme! Je reprends. C'est reparti vers le Grand Vide intérieur. Aoummmm... «Penser à racheter de la sauce soya pour ma recette du souper», «Pourquoi mon chum m'a-t-il fait cette remarque hier soir?», «C'est vrai, j'ai oublié de rappeler ma soeur». Découverte: mon Vide intérieur est plein de niaiseries. Et rien n'y fait: l'une est à peine disparue qu'une seconde surgit, puis une troisième, une dixième, une 452e... Ainsi de suite jusqu'à l'épuisement complet du temps. Et de la «méditante ». Cinq minutes de méditation, c'est INTERMINABLE!!!

Les jours suivants seront à l'avenant. Ouin... Je décide de changer de tactique après avoir entendu à la radio une pro suggérer la technique de méditation suivante: «Imaginez-vous au bout d'un quai. Déposez les pensées qui vous viennent sur les vagues qui passent et laissez-les dériver vers le large.» Dériver? Dans mon cas, ç'a plutôt été un naufrage: j'avais beau les poser délicatement sur de jolies vaguelettes imaginaires, mes élucubrations mentales ne trouvaient rien de mieux à faire que de me revenir en PLEINE FACE. Splash!

Résumons: je n'arrive à rien. Ça m'énerve! Aux grands bides les grands remèdes. J'appelle les Maîtres à la rescousse. J'opte pour un ouvrage qui correspond exactement à mon stade de développement spirituel: Zen! - La méditation pour les nuls. Riez, riez, mais une amie calée dans l'Art méditatif m'a confirmé que l'auteur - Stephan Bodian - était tout à fait crédible dans le domaine. Na! Sommité ou non, le monsieur propose un message général qui me plaît: méditez assis, couché, en marchant, en dansant, en chantant, méditez comme vous le préférez, et ce sera parfait ainsi. Pas de chichi, pas de flafla, et l'examen des chakras (les sept centres d'énergie vibratoire que nous aurions à l'intérieur de nous) est facultatif. Tiguidou.

Basta, les aoummmm et bye-bye, les mantras! Je jette mon dévolu sur la méthode «On se concentre sur sa respiration». Objectif: se centrer sur le rythme de son souffle. On inspire, on expire, on inspire, on expire... Tout va bien, tout baigne. Sauf un léger détail: c'est plate. Je persévère tout de même. Et les jours suivants aussi. OK, OK, j'ai sauté quelques séances ici et là, d'accord. Mais au total, j'ai tenu bon. Et croyez-le ou non, je dois admettre que faire de l'espace dans sa p'tite tête procure un début de paix, physique comme mentale: les mâchoires se décrispent, les épaules se détendent, l'esprit lâche prise. Je dirais même qu'à un certain moment, durant quelques fugaces millièmes de secondes, je me suis sentie ailleurs. Ou plutôt... nulle part. Une sensation délicieusement étrange. Wow. Si on tient compte du point d'où je partais, hé bé, c'est pas si mal! Si je persistais, mon corps astral en viendrait peut-être à gambader gaiement dans le grand nirvana... Va donc savoir!

Ce sera pour une autre vie. Le mois est fini, et j'en suis fort aise, merci. J'ai lu récemment que rire 2 minutes par jour équivaudrait à 10 minutes de méditation en termes d'effets relaxants. Ça me convient parfaitement comme prescription. Méditer? Ben trop stressant pour moi! Terminé, le aoummmm, donnezmoi du vroum-vroum!

 

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