Camille Goutal travaillait comme photographe jusqu'à ce que la disparition de sa mère, Annick Goutal, la décide à entrer dans le sillage maternel. Depuis 1999, elle préserve l'âme de la maison de parfums parisienne.
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Pourquoi avoir pris la relève de votre mère? Je ne pouvais envisager que quelqu'un d'autre décide de la composition des odeurs. Je ne connaissais rien à la parfumerie, mais Isabelle Doyen, qui a été le nez et la complice de ma mère, m'a tout appris.
Votre signature personnelle? Je ne sais pas. Certains me reconnaissent un style propre, d'autres retrouvent dans mes créations l'ADN des parfums de ma mère. Je crois que tous ont raison. Bien que je sois différente de ma mère, j'ai évidemment un lien filial avec elle.
Où puisez-vous votre inspiration? Dans mes voyages. Je m'imprègne des couleurs, des sons et des odeurs de chaque ville où je m'arrête.
La matière qui vous inspire plus? Les fleurs blanches comme l'ylang-ylang, la fleur de frangipanier et le jasmin. L'utilisation de ces matières exige néanmoins beaucoup de doigté car, à trop forte dose, leur parfum devient envahissant.
Votre fantasme olfactif? Je rêve de synthétiser les effluves de l'éther. Cette fascination me vient de l'enfance, lorsque j'ai été hospitalisée pour une brûlure à la main. J'aimais quand cette odeur se mêlait aux notes chyprées de Femme, de Rochas, le parfum que portait mon infirmière. J'espère embouteiller ce souvenir un jour.
Un parfum que vous auriez aimé créer? Le kiphi, un superbe mélange de résines et d'épices dont on se parfumait dans l'Antiquité égyptienne. C'est à mon avis un des plus beaux jus orientaux jamais concoctés.
Photo: annickgoutal.com
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