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Les différences entre les hommes et les femmes

La femme serait-elle un moindre mâle ou un néomâle? L'homme serait-il en train de se féminiser ou de s'humaniser? Viendrait-il de Mars, et nous, de Vénus? À vous de juger! Petit dico de nos différences et de nos similitudes... pour y voir plus clair.

Par
Suzanne Goudreau
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Les différences entre les hommes et les femmes

AMOUR</b>
L'amour s'envole, mais les écrits restent... et les billets doux que s'échangent Juliette et Roméo nous révèlent des discours fort différents l'un de l'autre. Philippe Brenot, psychiatre, sexologue et auteur de l'essai De la lettre d'amour, a analysé des centaines de correspondances amoureuses de grands écrivains (Ovide, Voltaire, Balzac, Simone de Beauvoir...), et son constat est éloquent: «Les hommes se nourrissent du souvenir de la chair, et les femmes, de la nature de la relation qu'elles entretiennent avec cet homme», résume-t-il. Ainsi, le lexique amoureux masculin est très charnel et explicite.


Dans ses lettres, l'amant vénère le corps de la femme, le décrit avec entêtement et a besoin de sa présence pour exprimer un manque, un désir immédiat, et pour conjurer une absence souvent intolérable. Le discours féminin, lui, est plus sentimental et suggestif. Le corps de l'homme y est quasiment absent: on l'évoque peu, sinon par des détails: les yeux, les mains ou la voix. Encore aujourd'hui, bien que le statut de la femme ait profondément évolué, ces variations dans les registres persistent dans la plupart des cas.

AUTOMOBILE</b>
Selon Jean-Marc Antoine Ballet, docteur en psychologie spécialisé en conduite automobile et auteur du livre Le volant rend-il fou?, les femmes sont plus prudentes que leurs compagnons et adoptent une façon de conduire défensive. Le respect des règles de sécurité est presque inné chez les membres de la gent féminine. Outre leur instinct maternel, cela est principalement dû à leur peur quasi phobique des blessures corporelles, notamment celles qui affectent le visage.


Les hommes considèrent leur voiture comme un prolongement de leur personnalité, et les femmes, comme un des multiples objets de leur quotidien. Les mâles se servent aussi du véhicule comme d'un exutoire à leur stress professionnel ou familial. Plus sûrs d'eux que le sont les femmes, ils surestiment leurs capacités en tant que conducteurs, sous-estiment les dangers et relativisent leurs fautes au volant. Cependant, ces différences entre les sexes semblent s'estomper peu à peu avec l'évolution de la société, et ce sont maintenant les conductrices qui tendent à adopter un comportement masculin plutôt que l'inverse...


Quant à la célèbre formule «femme au volant, mort au tournant», elle n'est pas confirmée par les statistiques. Il serait plus juste de la remplacer par «homme au volant, engueulade au tournant». En effet, une étude du Royal Automobile Club de Grande-Bretagne, publiée en 2006, sur l'attitude des automobilistes britanniques révèle que lorsque les hommes sont perdus, ils attendent environ 20 minutes avant de se résoudre à demander leur chemin, tandis que les femmes le font après seulement 10 minutes en moyenne. Résultat: 64 % des couples avouent s'être déjà disputés à ce sujet au cours d'un trajet!




BIGOREXIE</b>
C'est au tour des hommes d'être soumis à la dictature de la beauté. Ces messieurs ne seraient pas insensibles aux images de mâles musclés qui pullulent dans les médias et bousillent leur estime de soi. Ils sont de plus en plus nombreux à se préoccuper de manière excessive de leur apparence physique. Leur plus grande obsession? Les muscles. Si les femmes sont en quête de minceur, parfois au point de se rendre malades, les hommes, eux, souffrent davantage de bigorexie (obsession de la musculation), une anorexie mentale dite inversée.


Contrairement aux anorexiques, qui se trouvent toujours trop gros, les bigorexiques se croient sous-développés, pas assez musclés. Comme les femmes, ils ont une perception erronée de leur corps, sont victimes du trouble du comportement alimentaire, abusent de substances artificielles et de médicaments, et s'adonnent à l'exercice physique excessif.


Une étude récente sur le stress causé par la quête de la musculature parfaite et ses conséquences, réalisée auprès de 285 étudiants américains âgés en moyenne de 19 ans, dévoile que la plupart des jeunes hommes ressentent une pression sociale (médias, pairs, famille...) par rapport à leur apparence et que l'image du physique masculin idéal est celle d'un corps parfaitement musclé. Il ressort que 83 % des hommes sont insatisfaits de leur silhouette, et 72 %, de leur musculature. Parmi ces derniers, certains ont recours à des suppléments nutritionnels et à des stéroïdes pour augmenter leur masse musculaire, d'autres (31 %) suivent des régimes déséquilibrés. Faut-il s'étonner que la demande pour les implants pectoraux soit en hausse?



CERVEAU</b>
Les femmes sont incapables de lire une carte routière, et les hommes sont naturellement doués pour les maths, dit-on. Faux! déclare la neurobiologiste Catherine Vidal, directrice de recherche à l'Institut Pasteur, à Paris, et coauteure de Féminin, masculin – Mythes et idéologies. «Nous avons tous des cerveaux différents. On peut observer des différences anatomiques entre hommes et femmes, mais au même titre qu'on va voir des différences entre le cerveau d'un violoniste et celui d'un footballeur. Le volume, la forme, le mode de fonctionnement du cerveau diffèrent tellement entre individus du même sexe qu'il est impossible de dégager des traits propres à un cerveau féminin ou masculin.


D'ailleurs, nos circuits de neurones sont largement fabriqués au gré de notre histoire personnelle: seules 10 % des connexions sont établies à la naissance, et 90 % de celles qui restent vont se construire progressivement en fonction des influences de la famille, de la culture, de la société.» Quant aux performances inégales entre les sexes concernant le langage et l'orientation dans l'espace, elles seraient favorisées, dans les sociétés occidentales, par le fait que les garçons pratiquent des jeux collectifs – le football, par exemple, qui stimule l'apprentissage de moyens de se repérer dans l'espace –, alors que les filles jouent davantage à la maison, situation plus propice à l'utilisation du langage.


CLITORIS</b>
Ce petit bouton rose que nous appelons clitoris n'est en réalité que la partie visible d'un organe bien plus long qu'on l'imagine (il mesure entre 10 et 11 cm au total). Comparable au pénis, il est de même origine embryonnaire et comporte un gland (partie externe) recouvert d'un capuchon (prépuce), un corps spongieux et deux corps caverneux qui s'étendent de chaque côté du vagin. Plus innervé qu'aucun autre organe humain, y compris la verge, il est tout aussi érectile que cette dernière. Cependant, notre cher clitoris est uniquement voué au plaisir et, après un orgasme, il n'a pas de période réfractaire brusque, ce qui rend possible la multiorgasmie chez la femme.


COSMÉTIQUES</b>
«Miroir, miroir, dis-moi qui est le plus beau?» Épilation, manucure, maquillage, soins... Les néomâles investissent sans complexe l'univers de la beauté, un bastion jusqu'ici presque exclusivement féminin. De 1997 à 2002, le marché mondial des cosmétiques pour hommes (parfums, produits d'hygiène et soins) a progressé de 43 %. En 1990, seuls 4 % des hommes utilisaient régulièrement un soin pour le visage. Aujourd'hui, ils sont près de 28 % à le faire. Et selon une enquête de L'Oréal, ce chiffre atteindra 50 % en 2015.

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