«Quel monde de sexe, y'a plus rien à l'index», chantait Ferland dans les années 70. Aujourd'hui, la sexualité envahit l'espace public. Parfois pour le meilleur, souvent pour le pire...
Sexe et paroxysme
Ce que disent aussi les travaux de Kinsey, de Masters et Johnson et de nombreux chercheurs, c'est que les humains sont des animaux. Ce n'est pas exactement le scoop du siècle, on en conviendra. Mais jusqu'aux années 70, la morale et la tradition, pour ne parler que de l'Occident, calmaient nos ardeurs: ni sexe ni enfant sans mariage. Et bien entendu, fidélité et pudeur étaient de mise. Mais la révolution sexuelle a brisé l'hypocrisie sur laquelle reposaient ces valeurs. En 1977, le Rapport Hite, dans lequel des centaines de femmes avouaient leur insatisfaction sexuelle, a été une libération. «Le problème, c'est qu'aujourd'hui on n'en profite pas! déplore Jocelyne Robert. Quantité de femmes continuent à feindre l'orgasme: vous vous rendez compte, on est en 2006! Dans les années 70, les femmes cherchaient l'amour ET le meilleur amant; voilà qu'actuellement des centaines de jeunes filles consultent parce qu'elles ne comprennent rien à leur sexualité! Et quand je leur parle de masturbation, je les scandalise!»
Selon la sexologue, nous serions en pleine régression sexuelle. Il n'y a donc pas de corrélation entre le plaisir et le fait de voir autant d'images et d'entendre autant de propos sur la sexualité. Le professeur américain Arnold I. Davidson, auteur de L'émergence de la sexualité (Albin Michel), qu'on a joint en Italie où il enseigne, déplore également la confusion entre les deux discours. «Sur le plan du savoir scientifique, on peut mesurer le vrai ou le faux désir; mais on ne sait rien du plaisir, qui se construit avec notre expérience, nos goûts, notre personnalité.»
Jocelyne Robert souligne d'ailleurs que notre société mise sur le «paroxysme» pour éprouver et donner du plaisir, mais ce n'est pas nécessairement ce qui comble les individus.




