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Le sexe est partout

«Quel monde de sexe, y'a plus rien à l'index», chantait Ferland dans les années 70. Aujourd'hui, la sexualité envahit l'espace public. Parfois pour le meilleur, souvent pour le pire...

Par
Pascale Navarro
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La faute de la science
Un constat que fait aussi la populaire sexologue et auteure Jocelyne Robert: «Les gens sont seuls, mais les technologies et le marchandisage des corps leur offrent de quoi compenser. Ils peuvent s'exciter rapidement (par la porno, avec des gadgets), jouir (seuls), et le tour est joué. Le sexe est devenu un “carburant” et n'est plus une partie intégrante d'une relation.»

Dans son livre Le sexe en mal d'amour (Éditions de l'Homme), Jocelyne Robert pointe un tournant important de notre histoire pour expliquer ce phénomène. «En 1948, le Rapport Kinsey sur la sexualité a eu l'effet d'une bombe. C'était rafraîchissant de déculpabiliser les gens et de parler ouvertement des pratiques sexuelles. Mais le critère d'observation d'Alfred Kinsey était le nombre. Par exemple, à quelle fréquence les humains recensés pratiquent-ils le cunnilingus, la fellation, les conduites fétichistes ou homosexuelles?

Ensuite, en 1966, il y a eu le rapport de Masters et Johnson, respectivement gynécologue et psychologue américains, qui ont fait beaucoup de bruit, et dont les recherches mesuraient encore les réactions et les comportements des humains en matière de sexualité.» La sexologie était née. Comme l'écrit Jocelyne Robert dans son livre, «ces études et expériences révélatrices marquèrent le début d'une époque qui perdure: celle d'une sexologie clinique, d'une dictature de la norme d'un plaisir fonctionnel et approuvé [...] et du devoir d'orgasme.»

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