S’aimer à distance, chacun sous son toit: voilà une formule qui séduit de plus en plus d’amoureux en quête d’une nouvelle façon de vivre leur intimité. Êtes-vous de ceux-là?
ENSEMBLE, C’EST TOUT
Curieusement, ce n’est pas tant la volonté d’avoir plus de liberté qui pousse de nombreux conjoints à vivre séparément que l’envie d’être vraiment ensemble quand ils se retrouvent. En effet, comme l’explique le sociologue François de Singly dans son ouvrage Libres ensemble – L’individualisme dans la vie commune, ce n’est pas parce qu’on se voit tous les jours qu’on partage davantage d’activités et de temps ensemble; c’est même le contraire... «À force de se côtoyer, on ne se réserve presque plus de vrais moments à deux, dit Marianne, qui vit avec son amoureux depuis deux ans. Bien sûr, on se voit et on se parle au quotidien, on se colle en écoutant un film. Mais à quand remonte notre dernière sortie en amoureux? Je regrette presque les premiers mois de notre relation, où on ne cohabitait pas, où on était totalement présents l’un pour l’autre.»
«C’est vrai qu’on a le plaisir de se fixer des dates quand on n’habite pas avec son conjoint», souligne Rachel Mercier. Ce qui permet de fuir la routine, ennemie jurée du couple. «De cette façon, on évite aussi les sautes d’humeur de l’autre et les petites frustrations de la vie commune, fait-elle remarquer. Mais le quotidien n’est pas seulement fait de choses plates. Retrouver chaque jour la personne qu’on aime, dormir à ses côtés, partager plein de moments avec elle, ça peut aussi être très agréable!»
C’est dans la non cohabitation qu’Anne-Marie, elle, voit des petits plus inusités: «Le fait d’avoir chacun notre appartement nous permet de nous séduire, de nous étonner, sans jamais tomber dans le panneau de l’habitude ou de l’ennui. Ça nous permet aussi d’être ensemble sans pour autant prendre nos aises, par exemple... péter au lit.» Une petite licence que Jennifer, qui est en ménage avec son amoureux, considère comme «tout à fait charmante ». Puisque, selon elle, «ce sont ces petites conneries de la vie, ces petits gestes anodins dont on rit, qui nous rendent complices et nous donnent tant de bonheur à vivre à deux. Quant aux couples qui ne souhaitent pas cohabiter, je me dis qu’ils ont sûrement peur de perdre quelque chose, par exemple leur indépendance ou encore le contrôle de leur existence ou d’eux-mêmes. À moins qu’ils aient besoin de se faire rêver à distance pour rester proches...»
Quoi qu’il en soit, vivre chacun chez soi ne signifie pas pour autant vivre chacun pour soi. Et c’est peut-être cette nuance essentielle qui permettra aux couples de vivre séparément tout en étant ensemble.
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