Qui n’a pas rêvé de rencontrer un jour celui ou celle qui lui était destiné? Espoir fou ou désir réaliste? La psychanalyste Sophie Cadalen nous dévoile les dessous de cette attente de la «bonne personne».
Trouver la bonne personne
Pourquoi dites-vous que la quête de la «bonne personne» nous fige dans une identité statique?
On se fait toujours une idée assez précise du conjoint idéal. Le portrait type qui s'en dégage correspond finalement à l'image qu'on a de nous-mêmes. Du moins, à ce moi qu'on croit être. Car, comme l'a dit Freud, il n'y a pas plus inconsistant que notre moi. Chaque personne se voit d'une certaine façon, et il suffit d'un rien pour qu'elle se découvre différente. Si elle se considère comme un bloc parfaitement défini, ayant des goûts et des dégoûts très précis, elle ne pourra pas être disponible, comme le requiert l'aventure amoureuse. Dans une rencontre véritable, chacun des partenaires découvre des choses inattendues sur lui-même. Par exemple, l'un se croit fantasque, artiste, alors que sa partenaire l'aime parce qu'il est rassurant, stable. Ou encore, l'une tire fierté de son sérieux, alors que son partenaire dit que c'est sa drôlerie qui le séduit! En fait, personne n'est aimé pour les raisons pour lesquelles il croit être aimable.
Quels conseils donneriez-vous à ceux qui fonctionnent par casting, qui disent: «Il me faut quelqu'un comme ceci, comme cela...»
Déjà, l'expression «il me faut» ne convient guère au mouvement de l'amour, qui met à bas tous les «falloir», toutes les idées préconçues. Ce «il me faut» empêche d'entendre ce dont on a envie, envie qui s'oppose toujours, de façon plus ou moins subversive, à ce qu'on pense vouloir. Aussi, faut-il être très à l'écoute de ce qu'on éprouve, ce qui constitue une tâche parfois très ardue. Porter attention au plaisir qu'on ressent, là, maintenant, avec la personne aimée, même si elle nous hérisse, même si elle incarne l'inverse de nos valeurs. Éviter de dire: «Oui, elle est sympa, mais je ne vais quand même pas passer ma vie avec elle...» Pourquoi ne pas se concentrer sur le présent, oublier les anticipations? Si on commençait déjà par voir comment se déroule la journée au lieu de se demander si on va pouvoir vieillir ensemble...
C'est le plus difficile quand débute une relation: freiner les projections, les comparaisons, les évaluations. Essayer de conserver de la curiosité pour l'autre. Car, malgré toutes les défenses qui se dressent en notre for intérieur, si cet autre a suscit notre intérêt, c'est qu'il y a là quelque chose à explorer. Qu'importe si ça ne mène pas au mariage. Ça peut nous entraîner ailleurs. Un petit bout d'aventure peut déboucher sur une plus grande...
À LIRE
Croyez-vous à l'âme soeur?





