Janika a 19 ans. Depuis un an, elle vit une grande et peu commune histoire d'amour.
J'ai fait la connaissance de Marie-Pier en clavardant sur Internet il y a maintenant un an. Elle m'est apparue comme un vent de fraîcheur dans cet univers où la drague et les conversations à saveur sexuelle sont monnaie courante. Chaque fois que je «chattais» avec elle, nos conversations étaient simples, amicales, intéressantes et humaines, ce qui me plaisait vraiment. Nous avons échangé nos numéros de téléphone pour pouvoir nous parler de vive voix. Nous jasions pendant des heures, de tout et de rien. J'avais l'impression de la connaître depuis 10 ans!
Nos rendez-vous téléphoniques sont rapidement devenus plus fréquents. Tous les jours, après le travail, je l'appelais. J'avais hâte de prendre de ses nouvelles. Je constatais que je commençais à m'attacher à elle et je trouvais ça très étrange. Comment pouvais-je me sentir si proche de quelqu'un que je n'avais jamais vu? J'hésitais aussi beaucoup à la rencontrer. À deux reprises, je lui avais fait faux bond alors que nous nous étions donné rendez-vous. J'avais peur de ce premier tête-à-tête et, surtout, de mes sentiments. Car il fallait bien que je me l'avoue: chaque fois que j'entendais sa voix, j'avais des papillons dans l'estomac.
Un jour, je me suis décidée. J'ai spontanément appelé Marie-Pier pour lui dire que je voulais la voir, là, maintenant. Elle a accepté. En moins d'une demi-heure, elle est arrivée, sourire aux lèvres. C'est une fille très masculine qui s'est présentée à moi. Ses vêtements, sa démarche, même ses traits étaient masculins, à tel point que j'avais du mal à l'appeler par son prénom. Je trouvais que ça ne lui allait pas du tout.




