Après trois ans avec Alex, Cécile n’a jamais pu percer le mystère qu’il entretenait à propos de ses voyages.
Puis un dimanche, je reçois un bref courriel: «J'ai été appelé d'urgence en Afghanistan. Je rentre bientôt, Alex.» Je respire enfin. Mais cinq longs mois s'écoulent sans qu'il me donne le moindre signe de vie. Je suis triste à mourir. Obsédée, je passe des heures sur Internet, tentant de recouper les maigres renseignements que j'ai sur lui. Je fais même le fameux numéro «au cas où», mais je me heurte à un message incompréhensible.
Un soir de mai, Alex se pointe finalement chez moi à l'improviste. Il se jette à mon cou en me répétant combien je lui ai manqué. Heureuse et furieuse à la fois, je le bombarde de questions; j'ai besoin de savoir. Mais Alex se défile encore et encore. Et je cède de nouveau à ses charmes.
Le manège a duré trois ans. Trois ans d'allers-retours, de retrouvailles, de souffrances et de demi-vérités. C'était l'enfer. Alex avait beau tenter de me rassurer, de dire qu'il m'aimait, qu'il voulait avoir des enfants avec moi - même si on ne vivait toujours pas ensemble -, je n'y croyais plus. J'en avais assez de mettre ma vie en suspens pour un homme qui me captivait, mais qui m'échappait tout le temps. À 25 ans, j'avais besoin de stabilité émotive. Si bien que, durant une autre disparition inopinée d'Alex, j'ai rencontré Nicolas, un gars tout à fait différent et prêt à s'engager.
Après bien des déchirements, j'ai rompu avec Alex, la mort dans l'âme. Je l'aimais encore, mais c'était une vie de couple impossible. J'ai donc choisi Nicolas, avec lequel j'ai eu une relation aimante, équilibrée, qui a duré deux ans.




