Après trois ans avec Alex, Cécile n’a jamais pu percer le mystère qu’il entretenait à propos de ses voyages.
Notre rencontre s'est déroulée comme dans un film. Par un après-midi splendide, je suis là, un bout de papier à la main, à chercher l'adresse où j'ai rendez-vous, lorsque je le vois s'avancer vers moi. Grand, musclé, les cheveux bruns en bataille, le teint hâlé et les yeux bleus, il est comme un soleil, et je lui souris spontanément. L'air moqueur, il me sourit à son tour, avant de me demander s'il peut m'être utile. Une fois qu'il m'a indiqué la maison que je cherche, il me regarde droit dans les yeux et m'invite à souper avec lui le soir même «dans le meilleur bar à sushis de Montréal». «Passe chez moi à 20 h. Voici mon adresse », me lance-t-il en me tendant une carte de visite. «Je m'appelle Alex.» Époustouflée, je reste là sans dire un mot, totalement sous le charme. Jamais on ne m'a abordée comme ça!
Et si son invitation n'était que des paroles en l'air? Et si ce bel inconnu dans la trentaine était un détraqué? Étrangement, même si nous n'avons échangé que quelques mots, il m'inspire confiance. En fait, il m'attire follement. J'ai 22 ans, je suis libre comme l'air et je n'ai qu'une envie: le revoir!
L'esprit en ébullition, je file à mon rendez-vous, puis je fonce raconter mon coup de foudre à mes deux colocs. Ils sont aussi soufflés que moi. Mathis-le-raisonnable n'arrête pas de me dire de me «méfier de ce mec-là», tandis que Léa-la-romantique s'extasie pour moi. J'ai beau être confiante, j'ai tout de même un léger doute: et si je m'apprêtais à faire une folie?




