Les filles ont-elles trop de critères quand vient le temps de trouver leur douce moitié? L'homme idéal a déçu certaines. D'autres ont réalisé que les passions exaltantes ne pourraient pas les combler. Nos lectrices témoignent.
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De la recherche du prince charmant au bonheur quotidien
Laurence, 50 ans: «Je croyais que je perdrais ma liberté en étant amoureuse.»
«Avant de rencontrer Gérard, à 38 ans, j'avais toujours vécu seule et je n'avais connu que des passions amoureuses. Des relations intenses, mais de courte durée. Il faut dire que j'étais tout imprégnée de romantisme littéraire. Mon modèle, c'était Ariane et Solal, ce couple impossible du roman Belle du seigneur, d'Albert Cohen. Des amoureux perpétuellement en mode séduction, pour qui chaque rencontre devait être exceptionnelle. En d'autres mots, à mes yeux, l'amour devait être extraordinaire et surtout, il ne devait jamais sombrer dans la routine. Je collectionnais donc les aventures flamboyantes, les passions exaltantes... et les grandes peines d'amour, car toutes ces relations étaient impossibles.
«C'est à la mi-trentaine, après une histoire dévastatrice, que j'ai compris que je tournais en rond et que je resterais seule si je continuais ainsi. J'ai donc commencé à me remettre en question et je suis même allée en thérapie pour voir ce qui clochait.
«Le jour où j'ai rencontré Gérard, je ne pensais vivre qu'une simple aventure sexuelle avec lui, tellement il était loin de mes fantasmes (il n'avait jamais quitté le Québec, alors que mon idéal était un aventurier intello ayant fait le tour de la planète!). Puis, de fil en aiguille, de cinés en fins de semaine agréables, je me suis rendu compte que j'étais bien avec ce gars-là, que c'était un être intelligent, sensible et bon. J'avoue que j'ai mis beaucoup de temps avant de l'accepter, car il n'avait absolument rien du prince charmant que j'attendais. Sauf qu'avec lui j'ai appris à être dans une vraie relation et non dans un fantasme; à l'aimer, lui, pour ce qu'il est, et à être aimée pour ce que je suis. J'ai aussi appris à me préoccuper réellement de l'autre et à essayer de le rendre heureux. Évidemment, c'est moins excitant que la passion, mais ça procure tellement plus de bonheur au quotidien! Je ne regrette absolument pas mes anciennes aventures... Et surtout, je suis fière d'avoir réussi à dépasser ma peur de l'engagement. Je croyais que je perdrais ma liberté en étant amoureuse, mais je constate que c'est le contraire. J'étais esclave de mes émotions, alors qu'aujourd'hui j'ai choisi d'aimer et d'être aimée. Quoi de plus beau?»
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