Il doit être viril et tendre, stylé mais pas métrosexuel, ambitieux mais pas carriériste... Les filles sont-elles trop exigeantes quand vient le temps de trouver l’âme soeur?
Le couple au masculin
Les hommes auraient-ils le bonheur plus facile lorsqu'il est question de relations conjugales? Mathieu-Robert Sauvé, journaliste dans la jeune quarantaine, deux fois divorcé et auteur du livre Échecs et mâles, jure que oui. «Les femmes nous trouvent merveilleux pendant quelques semaines, quelques mois. Ensuite, elles se mettent en tête de nous changer, parce qu'il y a un trait de notre personnalité qui leur porte sur les nerfs ou parce que notre partie de hockey hebdomadaire avec les gars ne cadre pas dans leur horaire.»
Lorsqu'il regarde les relations qui s'écroulent autour de lui, Mathieu-Robert constate que ce sont presque toujours les femmes qui laissent les hommes. «Elles ne quittent pas leur chum pour quelqu'un d'autre. Elles ressentent une vague insatisfaction et elles ont l'impression qu'elles seront mieux toutes seules.»
Yvon Dallaire, psychologue qui s'intéresse aux relations de couple, croit que les hommes ont plus de facilité que les femmes à compartimenter leur vie. «Ce que leur relation ne leur apporte pas, ils le trouvent en jouant au golf avec des collègues le weekend ou en partant à la pêche avec des amis. Pourvu que ça marche bien au lit, ils sont assez satisfaits de leur couple. Les filles, elles, s'attendent davantage à ce que leur relation comble tous leurs besoins.»
Est-ce bien de flexibilité que les hommes font preuve... ou d'hypocrisie? «S'ils sont en couple depuis un moment et que ça ne tourne pas rond, les hommes ont plutôt tendance à prendre une maîtresse qu'à mettre fin à la relation», admet Yvon Dallaire. Le directeur général du Réseau Hommes Québec, Sylvain d'Auteuil, a publié en 2005 un roman caustique sur les relations hommes-femmes, intitulé Brad Pitt ou mourir. «Après une longue relation, je me suis retrouvé célibataire dans la trentaine et j'ai commencé à fréquenter les bars. J'en ai bavé un coup, et ça m'a inspiré un livre.»
Avant de se lancer dans l'écriture, question de mieux maîtriser son sujet, Sylvain d'Auteuil a interviewé des dizaines de célibataires, hommes et femmes, à la recherche de l'amour. «La liste d'exigences des femmes était plus longue, et de loin, que celle des gars. J'ai aussi remarqué que leurs critères étaient parfois contradictoires. Par exemple, elles voulaient un homme habile de ses mains, qui pourrait réparer la voiture au besoin, mais pas un bricoleur qui passerait des heures sous le capot. Elles désiraient qu'un homme soit accessible sur le plan émotif, mais elles ne voulaient pas le voir pleurer.»
Sylvain d'Auteuil croit que les femmes ont du mal à choisir entre l'ancien modèle, celui de l'homme traditionnel incarné par leur père, et l'homme rose, tout nouveau tout beau. «Elles pigent librement dans les deux modèles pour construire leur vision de l'homme idéal.»
L'auteur a encaissé quelques rejets pendant ses aventures dans le monde du célibat. Parce que sa situation financière n'était pas au beau fixe notamment, ou parce qu'il n'était pas assez manuel... Il a finalement rencontré «la bonne», la femme avec qui il partage maintenant sa vie. «Elle m'a sorti sa liste des 100 caractéristiques du partenaire idéal au cours d'une des premières soirées qu'on a passées ensemble. Heureusement, on était encore dans la phase euphorique. Elle m'a accordé 98,5 %. Aujourd'hui, je ne suis pas certain que je passerais le cap du 60 %!» dit-il en riant.
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