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Je suis une mère comblée: j'ai 10 enfants!

Brigitte rêvait d'avoir 12 enfants…

Photo: Izabela Habur/ Istock.com

Chaque fois que nous accueillions un nouveau-né, mon mari se disait comblé. De mon côté, j'en voulais toujours un dernier – «un vrai dernier», comme disent nos enfants. Une chose est certaine, aucun des miens n'a été conçu sur un coup de tête: tous mes bébés ont été de véritables coups de cœur. Quand je regardais Jean, je ressentais tellement d'amour que ça me poussait à lui dire: «Faisons un autre enfant.» C'était ma façon de concrétiser et de perpétuer notre bonheur. Jean ne se faisait d'ailleurs pas prier. Il aimait les enfants – et il les aime toujours! Et pour lui, l'important, c'était que je sois heureuse.

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Raphaël est né en 1991, puis Frédérique, en 1992. Ensuite, je commence à mêler les années de naissance. Mais je connais l'âge et la date d'anniversaire de chacun! Il y a eu Jean-Christophe, qui vient d'avoir 13 ans, et Marie, qui a 12 ans. J'ai fait une autre fausse couche avant de retomber enceinte et de mettre au monde Tristan, aujourd'hui âgé de 10 ans. Puis François, qui a maintenant 9 ans. Après François, j'ai perdu un bébé. Mon médecin m'a alors dit que la nature était en train de m'envoyer des signaux. Côté maternité, il était temps que j'arrête. Ça m'a rendue triste, car je m'étais mis en tête d'avoir 12 enfants. Je ne sais pas trop pourquoi, mais ça me paraissait le nombre idéal.


Pendant quelques années, j'ai fait l'école à la maison (c'est une des seules fois où mon bac en éducation m'a servi). C'était tellement agréable d'enseigner à mes petits. Je les installais dans la grande salle à manger, et ils apprenaient à leur rythme. J'ai adoré l'expérience. Sauf que c'est devenu compliqué sur le plan légal. Et un jour, ma mère – qui est aussi professeure et qui croit à l'enseignement traditionnel – m'a dit qu'elle trouvait important que mes petits rencontrent d'autres enfants. Elle m'a alors proposé un marché: si je les envoyais à l'école du village, elle s'occuperait de faire leurs lunchs. Depuis ce temps-là, elle prépare chaque jour leur dîner, qu'elle met dans des petits sacs identifiés à leur nom. Ça représente une grosse économie d'argent et, surtout, de temps! Et chaque soir, en rentrant du boulot, mon mari (qui enseigne la musique et l'histoire) passe chercher la marmaille.



Il faut dire qu'au quotidien je ne suis pas très organisée. Je suis même plutôt indisciplinée – c'est mon côté artiste, je suppose. J'ai d'ailleurs une admiration sans bornes pour les femmes qui travaillent à l'extérieur de chez elles et qui ont des enfants. Pour moi, ce sont des saintes. Et quand elles disent m'admirer, je n'en reviens pas! Pour moi, la vie est tellement plus facile: je reste chez moi, je suis mon propre patron. Si je n'ai pas envie de faire quelque chose, je ne le fais pas. Si je suis fatiguée, je vais me coucher, et c'est tout. Elles, par contre, ne peuvent jamais faiblir. Par ailleurs, je n'aime ni les contraintes ni les carcans. Chez nous, les enfants n'ont pas d'horaire fixe ni de tableau des tâches. Après tout, c'est moi qui ai choisi d'avoir une famille nombreuse! J'en assume donc les conséquences...


Quand mes enfants reviennent de l'école, je considère qu'ils méritent de se reposer. Même chose pour Jean. C'est une entente tacite entre nous: il travaille pour subvenir à nos besoins, tandis que je m'occupe des enfants et de la maison.


Comme je suis seule à m'occuper de l'entretien ménager, je suis toujours en mode survie. Le lave-vaisselle fonctionne constamment à plein régime, mais il arrive que nous attendions au lendemain pour desservir la table du souper. En ce qui concerne la lessive, j'ai ma propre méthode. Dans la salle de lavage, les vêtements de la maisonnée sont répartis en deux: un tas de linge sale et une montagne de linge propre. Quand j'ai le temps, je plie et range les vêtements. Sinon, le matin, chacun pige directement dans la montagne de linge propre ce dont il a besoin pour s'habiller.


Chez nous, les déjeuners sont relativement simples. Comme nos petits du primaire se lèvent un peu plus tôt que ceux du secondaire, je fais deux services, mais avec un seul menu: des gaufres pour tout le monde! Pendant qu'ils s'habillent, j'en prépare à la chaîne dans un grille-pain à quatre fentes. Ensuite, ils partent pour l'école.
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