Depuis Les Bougon, Antoine Bertrand promène son auguste silhouette tant au cinéma et au théâtre que dans les meilleures séries télé. Gros plan sur ses coups de gueule, ses moments durs et... son sex-appeal.
Pagination
- 1
- 2
Il a exhibé ses couilles au petit écran dans Les Bougon, mais pas question pour lui de parler de ses amours. Contre toute attente, Antoine Bertrand est pudique. Rapportez-lui que plusieurs filles le trouvent sexy, il rougit: «À force de recevoir ce genre de compliments, je vais finir par croire que j'ai peut-être de quoi d'attirant...»
La casquette en tweed qu'il persiste à garder malgré la chaleur ambiante du resto intrigue, tout de même: monsieur soignerait-il son look? «Non, non, se défend-il. Mais quand je la porte, on me dit que j'ai l'air d'un garçonnet. J'aime ça. C'est pas plus compliqué que ça.»
Tenez-vous-le pour dit: avec Antoine Bertrand, rien n'est jamais compliqué. Vous cherchez du complexe, du songé, du torturé? Passez votre chemin. Sur scène ou en face de vous, le comédien de 30 ans professe un seul crédo: l'authenticité. Pas de guiliguili pour amuser, pas de prises de position à la mode pour plaire à la galerie. Rien de sirupeux, juste du vrai: Antoine Bertrand livre son âme à l'état brut...
Qu'il joue l'ado troublé dans Virginie, l'arnaqueur fini dans Les Bougon, le comptable en mal d'amour dans C.A. ou le manipulateur de première dans Appelez-moi Stéphane (pièce dans laquelle il triomphait l'été 2007 à L'Assomption), chaque fois, c'est fatal: sa vérité nous atteint en plein coeur.
C'est un garçon doué. Et néanmoins complexé. «Je devrais aller voir plus d'expositions, visionner plus de films, écouter plus de musique, mais je manque de curiosité intellectuelle. Un pacha paresseux à la Garfield sommeille en moi.» Avec son côté bon enfant, naïf et, à la limite, inconscient de sa puissance physique – comme il se décrit lui-même –, le gaillard de six pieds deux pouces estime aussi qu'il a du Obélix dans le sang. «J'ai même déjà chassé le sanglier dans ma jeunesse!» note ce natif de Granby. Pareille déclaration ne s'invente pas...
Rond, rond, petit patapon
Obélix, soit. À une différence près: le comédien, lui, ne s'offusque pas quand on lui parle de sa rondeur. Il en a tellement l'habitude qu'il prend même les devants. «On discutait tantôt de mon supposé charme, rappelle-t-il durant l'entrevue. J'ai beau peser 300 livres, je suis bien dans ma peau. Les filles le sentent probablement... Le sex-appeal se cache dans ce qu'on dégage, pas ailleurs.»
Son poids persiste toutefois à peser lourd. Même si le talent d'Antoine Bertrand irradie, sa stature demeure sa marque de commerce. En a-t-il marre, parfois? «À un moment donné, oui. Je me disais: “Ah non, pas encore ça!” Puis, j'ai réfléchi: si je ne parle pas du sujet pour faire tomber des préjugés, qui le fera? Il y a si peu de gens comme moi à l'écran... De me voir aller peut sans doute encourager une couple de personnes enveloppées. Tant mieux!»
Antoine Bertrand assume tout ce qu'il est – y compris son côté radicalement «gars». Il conduit fièrement son pickup dans la métropole, quitte à se faire regarder de travers par les écolos du Plateau! «Ce camion-là, j'y tiens. Ça fait partie de ma fibre redneck, héritée de mon enfance campagnarde», déclare celui qui raffole de musique country.
Son enfance, il l'a eue belle. Son adolescence a été plutôt trippante aussi. «Nous faisions du motocross – sans casque! – sur la route, nous tirions au revolver... Si ça se passait aujourd'hui, la DPJ viendrait sûrement arrêter mes parents!»
La provocation est un art où Antoine Bertrand excelle. Il exècre d'ailleurs «les polices de la cigarette ou de la sécurité au volant, ces gens qui veulent à tout prix nous dicter comment vivre; leur discours m'écoeure», confesse-t-il. Ça inclut aussi celui de la Gestapo de la malbouffe: «On fait passer les gros pour des loosers incapables de se contrôler. J'avoue faire plus attention à ma santé qu'avant, et maigrir ne me déplairait pas; je serais peut-être encore plus sexy, qui sait? (rires) Mais on peut-tu juste avoir la paix?»
Et la dictature de l'image – celle qui fait que tant de femmes ont du mal à s'aimer dès qu'elles pèsent plus que 100 livres mouillées –, il la trouve comment? «La pression sociale est forte. Pour changer les mentalités, il faudrait montrer des filles plus en chair, câlisse! Reste que les femmes sont masos: elles savent que les mannequins des magazines sont irréelles, mais elles veulent quand même leur ressembler!»
Photo: C.A/Radio-Canada



