C'est un grand désir féminin: transformer son homme! Fantasme réalisable ou source inépuisable... de conflits?
Il laisse traîner ses chaussettes. Ne ferme pas le tube de dentifrice. Colle au sofa toute la soirée. Travaille trop. N'est pas assez romantique...
Pour moult raisons, des plus futiles aux plus graves, on serait nombreuses à vouloir métamorphoser notre Jules. «Il m'en a
fallu, des larmes et des déceptions, pour enfin accepter que je ne changerais pas mon homme, qu'il resterait comme il est, avec ses défauts et ses qualités», avoue Lilianne, la jeune trentaine, en couple depuis six ans. On dit l'aimer, mais on le voudrait différent?
Normal, semble-t-il: «Le désir de changer l'autre, de l'aider à s'épanouir et de corriger ses défauts est essentiellement féminin»,
affirme d'entrée de jeu le psychologue et sexologue Yvon Dallaire, auteur de Qui sont ces couples heureux? «Les femmes ont très rarement de mauvaises intentions, ajoute-t-il. La plupart du temps, elles ne veulent qu'améliorer la situation, par besoin de se rassurer sur la solidité de leur couple.» C'est que notre code génétique n'a pas changé d'un iota depuis le temps des cavernes, où la femme était mère et nourricière, en relation constante avec ses enfants. «Notre cerveau continue de réagir spontanément, même si nos conditions de vie ont grandement évolué; ce qui explique ce désir de la femme de materner, de s'occuper de son partenaire, de veiller à la bonne marche de l'organisation familiale», note-t-il. Et on ne fait pas dans la demi-mesure: on est très exigeantes par rapport à notre relation amoureuse (et éventuellement à notre
famille), toujours prêtes à éliminer ce qui peut la mettre en péril.
«Plus j'étais sur son dos, plus il se braquait, poursuit Lilianne. J'ai fini par me calmer et par cesser de le harceler pour des pacotilles. Du coup, il est devenu beaucoup plus réceptif lorsque j'aborde des problèmes plus sérieux.»
TOUT NOUVEAU, TOUT BEAU
Ça y est, on l'a trouvé, l'homme de nos rêves! Il est beau, sexy, drôle, attentionné. On flotte carrément sur un petit nuage! C'est la fameuse phase fusionnelle où tout – et surtout notre chum – est merveilleux. Durant cette période bénie, «remettre en cause un trait de la personnalité de l'objet de notre passion, c'est risquer la désillusion, surtout pour les femmes qui attendent toujours un peu le prince charmant», commente Yvon Dallaire. «Je me souviens, raconte Sophie, de mes premières sorties en groupe avec Benoît; il parlait sans arrêt, gesticulait et prenait beaucoup de place. Je suis plutôt réservée, et ce côté extraverti m'agaçait un peu, mais j'ai vite fait taire ma petite voix intérieure et j'ai fait la sourde oreille aux commentaires de mes proches pour ne voir que son côté super sociable et son sourire à faire fondre n'importe quelle fille!»
Après la passion, la réalité refait surface. Le quotidien nous rattrape, et on découvre peu à peu les petits et les grands «défauts» de l'autre. Il laisse traîner la vaisselle, passe trop d'heures au gym, s'habille comme un ado et flambe ses payes chez Future Shop. Que faire? Le prendre comme il est ou tenter de «l'améliorer»? «L'acceptation de l'autre tel qu'il est réellement constitue un point critique dans l'évolution de tout couple», signale à ce propos Yvon Dallaire. C'est là que ça passe... ou que ça casse, comme ç'a été le cas de Sophie: «Benoît n'a jamais changé, et j'étais incapable de supporter cet aspect de sa personnalité», dit celle qui était pourtant «persuadée de pouvoir rendre [son] chum plus discret, moins accaparant et plus à l'écoute des autres».
EXAMEN DE CONSCIENCE
Vouloir améliorer son compagnon, est-ce si épouvantable que ça? «Pas forcément. Ça peut même être sain quand c'est pour le bien de l'autre ou pour celui du couple. Cependant, ça peut aussi hypothéquer dangereusement la relation si on ne le fait pas pour les bonnes raisons», nous met en garde Yvon Dallaire. Pourquoi est-ce que ça nous agace tant de le voir lire tranquillement son journal le samedi matin? Si la raison est qu'on aimerait qu'il s'active un peu pour pouvoir passer du temps en amoureux ou en famille, ça peut être très bénéfique pour le couple. Par contre, si c'est parce qu'on est soi-même incapable de s'accorder un moment de répit et qu'on exige de l'autre qu'il soit comme nous, ce n'est plus du tout la même histoire... Reste donc à nous interroger sur nos motivations: pourquoi son comportement nous exaspère-t-il tant? On voudrait le contrôler? Le modeler à l'image qu'on se fait de l'homme parfait? ou simplement l'aider à ce qu'il se sente mieux? Notre désir de changer notre homme pourrait aussi cacher une incapacité à nous remettre en cause nous-mêmes. Quand notre couple va mal, qu'on est devant une difficulté ou qu'on est déçues de la tournure que prend la relation, il est beaucoup plus facile de croire que c'est la faute de l'autre. On s'imagine alors que s'il modifiait son comportement, tout rentrerait dans l'ordre. Or, les experts sont du même avis: le couple se construit à deux, et chacun doit se questionner sur son comportement avant d'incriminer l'autre – par exemple, les récentes et fréquentes absences de votre chum ne seraient-elles pas liées à votre humeur de chien par hasard?
L'exercice nécessite une bonne dose d'honnêteté et d'humilité, mais peut s'avérer d'un grand secours. En clair, pour que notre douce moitié accepte de coopérer, il faudrait tout de même qu'elle y trouve son compte, pour elle-même ou pour le couple! On juge que notre demande est justifiée? À nous alors de faire bouger les choses, mais avec finesse, souplesse et respect. Si des correctifs de part et d'autre sont nécessaires pour que le couple dure, ils exigent du doigté. Après avoir scrupuleusement observé des centaines de couples dans son célèbre Love Lab du Seattle Marital and Family Institute, le Dr John M. Gottman est formel: dans 96 % des cas, on peut prédire la durabilité d'une relation après une conversation de trois minutes! Un démarrage brutal – avec critiques, sarcasme et mépris – mène inévitablement à l'échec. «Bien que nous ayons toujours quelque chose à reprocher à la personne avec laquelle on vit, il y a un monde entre un grief et une critique», souligne-t-il dans son ouvrage Les couples heureux ont leurs secrets. Un grief est centré sur une action spécifique du partenaire, du genre «Tu aurais dû m'en parler avant d'inviter tes amis à souper; j'aurais aimé rester en tête-à-tête avec toi ce soir.»
La critique est plutôt une démolition en règle de l'autre: «Tes amis passent toujours avant moi! Je suis la dernière sur ta liste!» Le message ne peut être plus clair: impossible de changer son homme s'il se sent critiqué, mal aimé ou peu apprécié. La règle fondamentale pour l'amener à modifier sa façon de conduire, de manger ou de faire l'amour? Lui faire sentir qu'on le comprend! Il y a toute une différence entre «Tu conduis comme un pied. Je n'ai pas envie de mourir parce que tu ne veux pas ralentir!» et «Je sais que tu adores la vitesse, mais ça me fait peur; peux-tu ralentir?» La seconde façon de faire exige un peu plus de temps, certes, mais elle constitue, selon le Dr Gottman, «l'unique approche efficace». Jules sera probablement plus conciliant qu'on le croit...
DE NOUVELLES RÈGLES
Certaines requêtes sont-elles plus recevables que d'autres? Il y a six sources de conflit possibles au sein d'un couple, et c'est généralement sur elles que portent les désirs de changement, indique Yvon Dallaire: l'éducation des enfants, l'argent, les relations avec la belle-famille, le partage des tâches, le temps accordé au travail et la sexualité. «Et comme environ 70 % des conflits sont insolubles, mieux vaut négocier des ententes que d'essayer de changer son partenaire», conseille-t-il. C'est aussi l'opinion du psychologue Dan Wile, qui souligne, dans son ouvrage After the Honeymoon: «Lorsqu'on choisit un partenaire à long terme, on choisit inévitablement une série de problèmes insolubles, avec lesquels on sera aux prises pendant les 10, 20 ou 50 prochaines années.» Démoralisant? Au contraire: ce n'est qu'après avoir compris que ces divergences font partie d'une relation, les avoir acceptées et avoir appris à les gérer qu'on peut espérer filer le parfait amour... ou presque!
C'est ce qui est arrivé à Marie-Claude, 38 ans, mariée depuis 15 ans, qui avoue avoir été carrément exaspérante pendant les premières années de sa vie conjugale: «Je me suis ouvert les yeux et j'ai décidé d'arrêter de vouloir tout mettre à ma main lorsque Daniel m'a dit: “Sais-tu que toi aussi, tu as des défauts qui me tombent sur les nerfs?”» Marie-Claude a alors pris conscience du fait qu'elle lui demandait ce qu'elle était elle-même incapable de lui offrir, soit la perfection. «J'ai dû faire des compromis et fermer les yeux sur certaines choses pour éviter la séparation.» Et maintenant? «On a appris à vivre avec les défauts de l'autre et on est même capables d'en rire!» dit-elle fièrement. «Imaginez un damier, explique avec humour le thérapeute Yvon Dallaire. La femme possède les pièces du jeu de dames, et l'homme, celles du jeu d'échecs. C'est ça, un couple!» Et on fait quoi? On demande à l'autre de se plier à nos règlements? L'idée est plutôt d'apprendre ensemble les règles des deux jeux pour ensuite en inventer un nouveau, juste pour nous!
CE QU'ILS EN PENSENT
CHARLES PAQUIN: «La grande majorité des femmes prennent leur pied quand elles parviennent à mettre un homme totalement à leur merci, à lui faire ranger ses bas dans le tiroir, à lui faire rabattre le banc de toilette après usage; et quand le mec est devenu l'homme parfait, le nouveau, le rose, elles lui trouvent beaucoup moins de charme qu'avant.» (L'homme Whippet, Les éditions JCL)
PATRICK HUARD: «Tu répètes que je suis pépère, que je ne ressemble plus à l'étalon fringant que tu as connu plus jeune; mais enlève la selle et le harnais que tu m'as installés sur le dos, ouvre la porte de l'enclos et tu vas voir que je suis encore capable de galoper!» (extrait d'un de ses spectacles)
Quelques règles de base pour apprendre à s'exprimer:
■On lui expose notre insatisfaction et on écoute ensuite son explication. Jusqu'au bout. Et sans petite phrase assassine du genre: «Donc, si je comprends bien, si je dresse une liste des choses à faire, ça devrait suffire à t'arracher du sofa le samedi matin?»
■On cesse de toujours vouloir le convaincre de penser, d'agir, d'aimer et de parler comme nous. Oui, il y a plusieurs façons de plier les t-shirts et, oui, une foule de petits gestes peuvent signifier «Je t'aime».
■On utilise le je, ce qui permet d'éviter les reproches: un «J'aimerais que tu me téléphones quand tu penses rentrer plus tard» a davantage de chances d'être bien reçu qu'un «T'es toujours en retard!»
■Au lieu de critiquer ou de faire des reproches, on pose des questions: «Qu'est-ce qu'on pourrait faire pour se voir plus souvent?» C'est plus efficace que de dire «Tu travailles trop et tu n'es jamais à la maison!»
■On reconnaît – et on apprécie – ses efforts pour améliorer la situation. S'il décide de prendre la lessive en charge, on laisse tomber nos mille et une recommandations d'usage!
Est-il possible de changer son homme? Qu'en pensez-vous?
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VOS COMMENTAIRES
Impossible, chasser le naturel il revient au galop! l'homme (je n'ai pas dit l'Homme) est incapable d'être ce qu'il n'est pas, si différent des femmes, avec ses atouts et ses qualités, il n'en a pas la capacité, ni morale, ni mentale, ni physiologique. Il n'atteint jamais la maturité nécessaire pour cela, les hommes sont et restent des grands enfants. C'est triste, triste plus pour eux que pour nous, leurs bien-aimées.
SOPHIE
Moi je crois que NON, je viens tout juste de sortir d'une relation avec un manipulateur narcissique puis je peux vous dire que si UNE qui a essayé de la changer et de le comprendre, c'est bien moi...
Peut-être est-il impossible de les changer mais à quoi bon de toute façon travailler sur l'autre quand il y a tant à faire sur nous-même. De plus, je crois qu'à trop vouloir les changer, on les offense! C'est vrai! On leur dit en plein visage qu'ils ont des problèmes et que nous Sainte Femme nous avons la solution!! Mais finalement, qui de l'homme ou de la femme a-t-il trouvé la façon parfaite et absolue de vivre sur cette terre, heureux!
DAPHNÉ
Eh bien, moi j'ai presque 25 ans jai essayé tant bien que mal de changer mon ex qui en avait 13 de plus que moi et laisser moi vous dire tu ne changes personne mais qqn m'a dit un jour que tu peux essayer d'améliorer qqn dans ses défauts peut-être était-il trop vieux pour moi parce qu'il avait l'expérience moi non plus je n'étais pas facile à vivre je crois qu'il fallait avoir une patience d'ange avec moi mais je crois quand même que tu peux améliorer qqn sur ce merci du petit mot c'était tres intéressant Véro bonne journée!!!!
VÉRONIQUE
Je pense que l'important c'est d'être assez bien au départ avec quelqu'un. D'aimer en partie ses défauts parce qu'ils sont mineurs à nos yeux comparativement au plaisir qu'on a avec lui. À partir de là, ce qui fait changer quelqu'un, ce sont des prises de conscience et c'est de lui-même que ça doit provenir. On ne base pas une relation là-dessus, mais sur une complicité. Je crois que dans une relation épanouissante, les 2 personnes vont apprendre l'une de l'autre, elles s'enrichissent de cette relation. Chacun va changer un peu au contact de l'autre, mais pas à force de manipulation, tout simplement par le temps qui passe et ce que chacun choisit d'intégrer de l'autre (des bonnes habitudes, une ouverture d'esprit, une attitude positive, la culture, les amitiés, etc). Et un conseil: écoutez la petite voix en vous qui dit "je ne suis pas bien", n'essayez plus d'arroser une plante morte. La terre est remplie de personnes qui en valent la peine si on prend le temps de les connaître.
EVELYNE
Malgré ce que j'ai toujours dit ou pensé.... J'ai la preuve vivante aujourd'hui que oui c'est possible de changer son homme... mais seulement si monsieur le désire :)! La question à poser serait :peut-t-on changer quelqu'un qui ne désire pas changer? La vie amène de nouvelles opinons selon notre route , notre vécu et nos erreurs! Alors changeons et pour le mieux pourquoi pas!
KARINE
À mon avis, je ne crois pas que l'on peut changer qui que ce soit et quand on a compris ça, on comprend aussi que le problème vient de nous même, on ne peut pas penser toujours comme l'autre et au même moment, il y a les émotions de chacun et qui appatiennent à chacun, il faut savoir rester dans nos souliers ... On a tous le choix d'accepter ou pas, voilà !
SYLVIE
Moi, je dis que oui si LUI il le veut sinon il va rester la même personne qu'il était jadis car faut penser comment nos parents nous ont élèvés s'il faisait ce qu'il voulait c'est sur que ca va être plus dure changer les habitudes de quelqu'un c'est mon opinion merci :)
CHANH



